Vaud: Laisser un espoir aux migrants «désespérés»
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VaudLaisser un espoir aux migrants «désespérés»

Le Grand Conseil vaudois souhaite qu'on laisse «un petit espoir» aux migrants qui sont menacés de renvoi vers l'Italie.

Les élus ont demandé au Conseil d'Etat de «faire tout son possible» pour que la Suisse traite les demandes d'asile de ces «désespérés».

Les députés ont accepté une résolution par 68 voix contre 57 et deux abstentions. Ce texte non contraignant demande que les migrants qui doivent être renvoyés vers l'Italie en vertu des accords de Dublin soient mis au bénéfice de la procédure d'asile ordinaire.

«Ce n'est qu'un voeu, un souhait. Mais on sait que s'il y a une volonté, il y a un chemin. Il faut donner un espoir à ces requérants que hante une expulsion transalpine», a expliqué l'auteur de la résolution Serge Melly, de Vaud Libre.

Drames en Méditerranée

Les députés unanimes ont déploré les drames survenus en Méditerranée. Mais ils ont fortement divergé sur le rôle que peut et doit jouer la Suisse.

«Cette démarche non contraignante vise à sensibiliser le pouvoir fédéral. Vaud peut jouer un rôle de pionnier», a lancé le socialiste Denis-Olivier Maillefer. Les Etats ont la possibilité d'activer une clause de souveraineté, pour traiter eux-mêmes les demandes d'asile. Renvoyer les migrants en Italie, le pays par lequel ils sont entrés en Europe, est un droit, pas une obligation, ont fait valoir les partisans d'une politique d'asile plus accueillante.

Un engrenage

Pour la majorité du PLR, l'UDC et quelques élus du centre, Vaud et la Suisse «ne peuvent pas devenir le seul territoire d'Europe où les accords de Dublin ne sont pas respectés», a déclaré le PLR Jean-Marie Surer. «On ne peut pas accueillir tous les requérants venant d'Italie. Ce serait mettre le doigt dans un engrenage».

Le conseiller d'Etat Philippe Leuba a expliqué qu'il est faux de prétendre «que la barque est pleine en Italie et pas en Suisse». En terme de demandes d'asile par habitant, la Suisse «traite grosso modo deux fois plus de requêtes» que l'Italie.

A ses yeux, la solution passe par une politique européenne coordonnée. La clause de souveraineté peut être activée, lors de problèmes médicaux notamment, mais seulement pour des cas individuels. «La Suisse assume ses responsabilités. Elle est un des pays d'Europe qui en fait le plus», a ajouté le conseiller d'Etat.

Position courageuse

Le collectif R qui soutient les six migrants réfugiés depuis début mars dans l'église Saint-Laurent à Lausanne a salué «la position courageuse du Grand Conseil en faveur d'un arrêt des renvois en Italie». Il s'est félicité que la majorité des députés n'a «pas cédé à la rhétorique d'impuissance et de déresponsabilisation de la droite dure et du conseiller d'Etat Philippe Leuba».

Le collectif estime que le gouvernement est désormais «au pied du mur»: «le Conseil d'Etat doit dès aujourd'hui suspendre les renvois en Italie et s'engager dans une négociation avec les autorités fédérales. Une rencontre urgente avec le Conseil d'Etat s'impose», ont ajouté les défenseurs de l'asile dans un communiqué. (ats)

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