Syrie: Lakhdar Brahimi assure que le conflit s'aggrave
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L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Lakhdar Brahimi a déclaré lundi devant le Conseil de sécurité que le conflit en Syrie s'aggravait. Selon lui, le régime estime que 5000 étrangers prennent part au conflit.

Damas dépeint de plus en plus la guerre civile comme «une conspiration de l'étranger», a indiqué M. Brahimi aux 15 pays membres du Conseil. L'ancien ministre algérien des Affaires étrangères rendait compte de sa récente visite en Syrie, au cours de laquelle il a notamment rencontré le président Bachar al-Assad.

Il a une nouvelle fois déclaré qu'il n'avait pas pour l'instant de «nouveau plan d'action» pour régler la crise syrienne et s'est référé aux propositions en six points de Kofi Annan, son prédécesseur, selon un diplomate. M. Brahimi a souligné que le plan Annan restait «la bonne route» à suivre, a ajouté ce diplomate.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a lui aussi déclaré à la presse que le plan Annan restait valable «dans sa substance». «Nous avons un plan, c'est le plan en six points adopté par le Conseil de sécurité», a-t-il déclaré, ajoutant que l'Allemagne «soutenait le travail de M. Brahimi».

Crise alimentaire

Le successeur de Kofi Annan a brossé une image très sombre du conflit. Devant le Conseil, il a assuré que la torture des prisonniers était devenue «une habitude» et que les Syriens craignaient désormais de se rendre dans les hôpitaux, aux mains des forces du régime.

Selon M. Brahimi, 1,5 million de personnes ont fui leur foyer et le pays doit faire face à des pénuries de nourriture car les récoltes ont été détruites par les combats entre les rebelles et l'armée régulière.

Le conflit syrien sera au coeur d'une série de réunions en marge de l'Assemblée générale s'ouvrant mardi à l'ONU. Aucune décision majeure n'est cependant à attendre, ont estimé des diplomates, tandis que la communauté internationale est profondément divisée quant à un éventuel soutien à la rébellion syrienne.

Territoires «libérés»

Sur le terrain, des régions entières du nord près de la frontière turque, échapperaient désormais à tout contrôle du régime de Damas. Lors de déplacements dans les secteurs contrôlés par les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), des journalistes de l'AFP ont constaté qu'il était possible de parcourir des centaines de kilomètres. Ces territoires sont qualifiés de «libérés» par les insurgés.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un réseau de militants, a estimé cette semaine que près de 80% des villes et villages syriens frontaliers de la Turquie échappent au régime.

Par ailleurs, sur un total de 60 morts, au moins sept enfants auraient péri lundi dans des raids aériens et des tirs de l'armée à Alep, selon l'OSDH. Cette organisation basée au Royaume-Uni, qui dénombre 29'000 morts depuis le début de la crise en mars 2011, estime que parmi eux plus de 2000 sont des enfants. Aucune autre source ne permet de confirmer ces chiffres.

Dans les pays voisins, la situation reste tendue. La police anti- émeutes jordanienne a fait usage lundi de gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation de réfugiés syriens. Ceux-ci ont mis le feu à une tente et détruit des biens pour dénoncer leurs conditions de vie dans le camp de Zaatari, hébergeant 30'000 réfugiés, selon une association.

(ats)

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