Tour de France: Lance Armstrong: entre soupçons de dopage et faits
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Tour de FranceLance Armstrong: entre soupçons de dopage et faits

Lance Armstrong n'a jamais été formellement convaincu de dopage mais le septuple vainqueur du Tour de France n'a jamais non plus réussi à balayer les soupçons qui planent sur sa phénoménale accession au sommet du cyclisme mondial.

Traces de corticoïdes: En 1999, Armstrong s'apprête à gagner son premier Tour de France quand le journal Le Monde révèle que des traces de corticoïdes ont été décelées dans les urines du Texan. L'Américain explique avoir utilisé une pommade pour un problème à la selle. L'Union cycliste internationale (UCI) le défend, met en avant le fait qu'Armstrong a présenté un certificat médical et précise que les traces de corticoïdes retrouvées étaient «minimes». Selon la fédération, «il s'agit d'une utilisation autorisée par le règlement qui ne constitue donc pas une pratique de dopage». Mais plusieurs détracteurs soupçonnent Armstrong d'avoir produit une ordonnance antidatée.

Ami du Dr Ferrari: La révélation en 2001 des liens étroits qu'entretient Armstrong avec le médecin italien Michele Ferrari depuis 1996 jette le trouble. Ferrari est un praticien à la réputation sulfureuse, soupçonné d'avoir aidé plusieurs coureurs à se doper à l'EPO. En 2004, lorsque le docteur est condamné par la justice italienne en première instance à un an de prison avec sursis pour fraude sportive et exercice illégal de la profession de pharmacien, Armstrong réitère sa solidarité à «un ami de longue date et un conseiller» qui ne lui a «jamais suggéré, prescrit ou fourni» de produits dopants. En 2006, la cour d'appel de Bologne revient sur ce jugement, estimant qu'il y a prescription.

L'enquête de l'Equipe: Sous le titre «Le mensonge Armstrong», le quotidien sportif publie le 23 août 2005 une grande enquête démontrant que de l'EPO avait été trouvée dans des échantillons d'urines datant du Tour 1999 attribués à l'Américain. Le journal se base sur une recherche scientifique menée en 2004 par le laboratoire français de Châtenay-Malabry qui, pour affiner son test de détection de l'EPO - un test utilisé depuis 2000 -, avait repris des échantillons d'urine de 1999 identifiés par leur seul numéro. Si le laboratoire ignore à qui appartiennent ces échantillons, l'Equipe parvient à faire le lien avec Armstrong en obtenant de l'UCI les numéros des contrôles de l'Américain cette année-là. Parue un mois après le septième succès d'Armstrong sur le Tour, cette enquête cristallise toutes les suspicions qui avaient émaillé son parcours jusque-là. Poussée à agir, l'UCI charge un avocat néerlandais Emile Vrijman de faire la lumière. Son rapport, très controversé, disculpe Armstrong et accuse l'Agence mondiale antidopage (AMA) d'avoir cherché à discréditer le coureur, ce qui contribue à mettre le feu aux poudres entre l'UCI et l'AMA.

Des témoignages à charge: Plusieurs membres de l'entourage d'Armstrong, parmi lesquels une ancienne masseuse du champion, Emma O'Reilly, son ancien coéquipier Franckie Andreu, ou encore un assistant qu'il avait licencié, Mike Anderson, ont raconté devant la justice ou la police des scènes qui incriminent Armstrong. Ces témoignages, qui reposent sur la seule parole de leurs auteurs, sont enregistrés pour certains dans le cadre d'une procédure judiciaire opposant le coureur à une compagnie d'assurance qui, en raison des accusations de dopage, refusait de lui verser une prime de 5 millions de dollars pour ses victoires sur le Tour. En 2006, Armstrong obtient un arbitrage favorable et s'estime ainsi blanchi. (afp)

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