Cyclisme - Dopage: Lance Armstrong: «J'ai écopé de la peine de mort»
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Cyclisme - DopageLance Armstrong: «J'ai écopé de la peine de mort»

Lance Armstrong a avoué son dopage dans la nuit de jeudi à vendredi au micro d'Oprah Winfrey. Le lendemain, lors de la deuxième partie de l'interview, l'Américain a affirmé avoir «honte» de ce qu'il a fait.

Lance Armstrong a affirmé qu'il avait «honte» de s'être dopé durant sa carrière. Lors de la seconde partie de l'interview qu'il a accordée à la célèbre présentatrice américaine Oprah Winfrey, diffusée vendredi aux Etats-Unis, le Texan n'en a pas moins affirmé vouloir renouer avec la compétition.

«J'ai honte de ce que j'ai fait. C'est une sale affaire», a affirmé l'ancien cycliste, qui a vu l'essentiel de son palmarès effacé par l'UCI en octobre dernier. Il a expliqué qu'être obligé de quitter sa Fondation Livestrong contre le cancer avait été «un moment d'une grande humilité», et a basculé dans l'émotion en évoquant son fils aîné Luke, âgé de 13 ans: «Je lui ai dit de ne plus me défendre», a-t-il confié au bord des larmes.

Armstrong a également affirmé que l'envie de renouer avec la compétition avait été un facteur important qui l'a poussé à avouer s'être dopé. «Diable, oui. Je suis un compétiteur. C'est ce que j'ai fait toute ma vie. J'adore m'entraîner. J'adore courir. J'adore me placer sur une ligne de départ», a-t-il dit. «Je mérite d'être puni, mais je ne pense pas mériter la peine de mort».

Les sanctions infligées à Armstrong par les instances sportives l'empêchent de s'aligner dans des courses cyclistes, mais aussi à des triathlons ou à des courses à pied, ses autres disciplines sportives de prédilection.

«Je ne participerai plus au Tour de France, mais il y a plein d'autres choses que j'aimerais faire et je ne peux pas (réd: du fait des sanctions à son encontre). S'il y avait une possibilité, est-ce que j'aimerais courir le Marathon de Chicago quand j'aurai 50 ans ? J'adorerais faire ça. Et je ne peux pas», a regretté celui qui a notamment été déchu de ses sept victoires au Tour de France.

L'Américain pourrait bénéficier d'une réduction de sa suspension à vie, avec un plancher minimum de huit ans, s'il collabore étroitement avec les autorités antidopage. «Je ne crois pas que ça se passera comme ça», a-t-il néanmoins affirmé, laissant entendre qu'il n'était peut-être pas prêt à aller jusqu'au bout des confessions que les instances aimeraient l'entendre formuler.

Pas de pots-de-vin

Lance Armstrong a par ailleurs nié avoir voulu offrir des pots-de-vin à l'Agence américaine antidopage (Usada). «Non, ce n'est pas vrai», a répondu l'ancien coureur cycliste radié à vie, quand la présentatrice américaine a parlé des 250'000 dollars (233'000 francs) évoqués par le patron de l'Usada, Travis Tygart. Ce dernier a affirmé, il y a dix jours lors de l'émission «60 minutes», qu'Armstrong avait voulu faire ce don à son institution en 2004, mais que l'Usada avait fermement rejeté son offre.

«Il n'y a rien à ce propos dans les 1000 pages du rapport de l'Usada (réd: qui a servi de base aux sanctions qui le touchent). Pourquoi cela n'y figurait-il pas ? C'est quand même une assez grosse histoire (...) J'ai demandé autour de moi si quelqu'un (avait offert cet argent)... Si (un tel versement) avait été fait, j'aurais été au courant,» s'est-il défendu.

«En ruines»

Après une première sortie jeudi surtout perçue comme un exercice de communication bien calculé, de nombreuses questions restaient en suspens. Avec qui et comment a-t-il agit ? La seconde partie de l'émission, portée sur l'humain, fonds de commerce habituel d'«Oprah», n'aidera pas à résoudre ce puzzle.

En plus de deux heures d'émission, Armstrong n'aura donc pratiquement rien lâché, sauf l'essentiel: il était bien un tricheur.

Son histoire de survivant du cancer vainqueur à sept reprises de la plus prestigieuse course du monde n'était qu'un «gros mensonge» de plus de dix ans. Se doper avant une compétition était pour lui aussi normal que de «gonfler ses pneus» ou «mettre de l'eau dans son bidon».

Mais il a fallu tout expliquer à sa famille. Son ex-épouse Kristin savait, mais leur aîné Luke n'avait jamais rien demandé à son père. Sa mère, qui l'a élevé seul, est «en ruines» depuis qu'elle est au courant.

Armstrong va au devant de sérieux problèmes, tant sur le plan financier que judiciaire. Depuis la sortie de l'affaire, ses parraineurs se sont désolidarisés un à un, y compris son plus fidèle partenaire Nike. Un manque à gagner estimé à quelque 75 millions de dollars (70 millions de francs) alors que le Texan de 41 ans aura besoin d'argent s'il veut se prémunir de possibles poursuites judiciaires en nouant des accords financiers avec les plaignants, pratique courante aux Etats-Unis.

Il doit également rembourser les primes de course touchées pendant son règne et est déjà menacé par deux procès (par l'hebdomadaire Sunday Times et l'assureur SCA Promotions) pour plus de 10 millions de dollars.

Enfin, le ministère de la Justice étasunien a demandé un délai supplémentaire afin de décider s'il se joint à une plainte déposée en 2010 par l'ancien coéquipier d'Armstrong, Floyd Landis, visant à récupérer l'argent public versé par l'US Postal (le service postal américain) à l'équipe éponyme.

La première partie de l'interview étape par étape en cliquant ici. Pour la deuxième, cliquez ici. (si)

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