Genève: Lancy TV tire la prise pour privilégier les jeunes
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GenèveLancy TV tire la prise pour privilégier les jeunes

Dès fin mars, la télévision locale cessera de diffuser sur le réseau. La commune veut mettre en place un concept visant les plus jeunes.

par
Maria Pineiro
La commune de Lancy fait donc le choix de la maîtrise sa communication.

La commune de Lancy fait donc le choix de la maîtrise sa communication.

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Après huit ans de bons et loyaux services, de reportages, d'émissions spéciales et de débats, la télévision locale Lancy TV cessera d'émettre au 31 mars. «Nous sommes dans une impasse. Les fonds dédiés à cette mission s'épuisent et nous n'avons pas les moyens de les renouveler», explique François Lance, membre de la fondation Lancy médias qui chapeaute la chaîne.

La loi interdit en effet aux collectivités publiques de financer directement des médias. De fait, après la vente de son téléréseau, la Ville de Lancy avait délégué la gestion de Lancy TV à une fondation dotée d'un capital de 2,5 millions de francs. Avec un budget annuel de 370'000 fr., cet apport initial s'est peu à peu épuisé.

S'adresser aux jeunes

«La télévision n'intéresse plus la majorité du Conseil municipal», regrette François Lance. Du côté des autorités, le conseiller administratif Damien Bonfanti précise que la situation a poussé la mairie à redéfinir la communication officielle. «Lancy TV est majoritairement suivie par les personnes âgées, qui sont également celles qui lisent le plus assidûment le Lancéen, le journal communal. Nous nous sommes aperçus que nous ne nous adressions pas à la catégorie des 15-50 ans qui ne regardent plus la télévision de manière linéaire», détaille Damien Bonfanti.

Le magistrat explique qu'une réflexion est en cours afin de cibler ces habitants, notamment via le site internet de la commune et les réseaux sociaux. Il confirme avoir été approché par la chaîne régionale Léman bleu pour une reprise des émissions de Lancy TV. Mais cette solution a été écartée: «Nous souhaitons avoir la main sur notre communication, décider de ce que nous voulons mettre en avant et de quelle manière.»

Information versus communication

«La réflexion est en cours afin de définir un concept de communication globale», précise Damien Bonfanti. «Nous n'avons pas prévu de continuité. Rien ne sera fait le 1er avril prochain, nous n'avons pas encore de cahier des charges et de mandataire, mais cela viendra d'ici quelques mois, en parallèle avec la refonte de notre site internet», assure-t-il.

La commune de Lancy fait donc le choix de la maîtrise de sa communication. D'autres collectivités ont, elles, choisi de continuer à financer des contenus réalisés à l'externe. Ainsi, depuis janvier 2017, Onex subventionne Léman bleu qui couvre l'actualité locale de manière indépendante. «Cette offre est complémentaire de ce que nous produisons à l'interne, à savoir notre journal communal et notre site internet», détaille le conseiller administratif François Mumenthaler. De son point de vue, «garantir une information détachée des autorités politiques est important en démocratie et permet de varier les points de vue sur la vie communale».

Léman bleu

L'expérience onésienne est concluante, selon le directeur de Léman bleu. Laurent Keller affirme que les reportages produits par son équipe sont «très regardés, surtout sur les réseaux sociaux». Le travail des journalistes dédiés à cette mission vise à «valoriser la vie locale et ses acteurs».

«Je défends bec et ongles notre indépendance dans ce cadre. poursuit Laurent Keller. Les communes ont tout à gagner à s'appuyer sur notre professionnalisme et notre regard plutôt que de chercher à tout prix à faire de la promotion institutionnelle.»

La chaîne de télévision cherche d'ailleurs à développer ces partenariats.

Le paysage audio-visuel ultra local est en pleine mutation à Genève. Après Onex, sept communes de la rive droite ont décidé de conclure un partenariat avec Léman bleu afin d'offrir à leurs habitants une information les concernant. Parmi elles, Versoix, qui s'est séparé de son ancienne chaîne locale, Téléversoix. Cette dernière continue ses activités, mais sans subventions. A Vernier, les autorités ont également entamé une réflexion portant sur la communication. Depuis le début de l'année, la Ville a cessé de subventionner Vernier visions qui produisait une quinzaine de reportages par année. Elle se laisse 12 mois pour mettre en place une stratégie de communication et d'information à ses habitants.

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