Genève – Landsgemeinde féministe sur la plaine de Plainpalais
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GenèveLandsgemeinde féministe sur la plaine de Plainpalais

Après Appenzell il y a une semaine, le festival les Créatives a organisé une assemblée réservée aux femmes et aux minorités de genre à Genève.

par
Maria Pineiro
Le froid n’a pas empêché quelque 200 personnes de participer à cette assemblée féministe.

Le froid n’a pas empêché quelque 200 personnes de participer à cette assemblée féministe.

mpo

Les femmes et les personnes représentant les minorités de genre au centre de l’enceinte, les hommes dehors, en spectateurs. Samedi après-midi, sur la plaine de Plainpalais, quelque 200 personnes ont participé à la deuxième landsgemeinde féministe de Suisse, après Appenzell il y a une semaine. Les deux manifestations ont été organisées par le festival Les Créatives.

Faire émerger de nouvelles thématiques

Alors que le froid est mordant, l’enceinte se remplit peu à peu de participantes de tous âges au son du yoddle sur fond d’électro de Christine Lauterburg. L’ambiance est chaleureuse, les représentants des médias nombreux pour cette première en terres romandes. Natalia est venue car elle «pense qu’en donnant la voix à celles qui ne l’ont pas encore assez, on se permet de faire émerger de nouvelles thématiques, de nouveaux sujets. Jusqu’ à présent, les décisions ont toujours été prises par les mêmes personnes.»

Bouleverser les codes

Un peu plus loin, Annick «trouve super de proposer une manifestation pour marquer le coup des 50 ans du droit de vote des femmes». La retraitée apprécie l’utilisation du «symbole que représente la Landsgemeinde». Le choix de cette assemblée démocratique, longtemps bastion masculin, a été fait à dessein par les organisatrices qui écrivent sur le flyer de bienvenue vouloir «bouleverser les codes», en y excluant les hommes et en confiant le plénum à une «Landafrau», plutôt qu’un «Landamann».

Huit propositions soumises au vote

Dans ce rôle, c’est l’humoriste genevoise Melissa Catoquessa qui a dirigé les débats. L’assemblée était appelée à voter sur huit propositions, préalablement définies par une task force, parmi lesquelles, un meilleur financement de la lutte contre les violences basées sur le genre, une éducation non-discriminante, la réduction du temps de travail ou encore l’extension de la norme pénale de la protection contre les discriminations. Tous les objets ont été acceptés à l’unanimité, lors de votes effectués, non pas à main levée, mais à rose levée.

Rien n’est jamais acquis

«J’espère que cela fera bouger les choses, mais j’ai un espoir ténu», a admis Annick. Pour Erin, cette Landsgemeinde était surtout «symbolique. Nous voulons signifier qu’il faut faire changer les choses et qu’il reste beaucoup à faire.» Venue avec et pour sa petite fille, rose à la main, Montserrat s’est dite «pleine d’espoir». Mais «il ne faut pas s’endormir, car rien n’est jamais acquis, tout peut revenir en arrière».

Résultats publiés à l’université

Les absentes pourront encore s’exprimer par voie électronique jusqu’au 24 novembre. Les résultats de la consultation seront rendus publics le 25, dans le hall d’Uni Mail, sur un plateau de télévision créé pour l’occasion en collaboration avec le service égalité et diversité de l’Université de Genève.

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