Football: L’Angleterre sur le toit de l’Europe à Wembley

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FootballL’Angleterre sur le toit de l’Europe à Wembley

Dans une arène de Wembley pleine (87 192 spectateurs), les Lionnes sont venues à bout de l’Allemagne après prolongation (2-1).

La fête a été totale à Wembley lors de la remise de la coupe devant 87 192 spectateurs.

La fête a été totale à Wembley lors de la remise de la coupe devant 87 192 spectateurs.

AFP

Âpre, disputée, tactique, la finale de l’Euro de football, qui a offert à l’Angleterre son premier trophée féminin, contre l’Allemagne (2-1 a.p.), dimanche à Wembley, devant une affluence record, a été l’apothéose d’une compétition qui a prouvé les progrès spectaculaires des dernières années.

L’Angleterre a enfin brisé sa longue attente, depuis le Mondial 1966 remporté par les hommes, et c’est à son équipe féminine qu’elle le doit: «Football’s coming home» (Le football rentre à la maison), l’hymne officieux des sélections nationales peu enfin résonner sur un air qui ne soit pas ironique.

Infligeant aux Allemandes leur première défaite en finale d’un Euro, elles qui en ont remportés 8 sur 13 éditions, les «Lionesses» ont achevé de conquérir le coeur d’un pays qui s’est progressivement pris au jeu.

Trois ans après un Mondial-2019 en France qui avait déjà concrétisé la trajectoire ascendante des femmes dans le football, et malgré la pandémie de Covid-19 passée par là, l’Euro anglais se termine sur un succès incontestable.

«La plus grande surprise, pour moi, ce sont ceux qui sont surpris que le football féminin soit à un tel niveau.»

Aleksander Ceferin, président de l’UEFA

«La plus grande surprise, pour moi, ce sont ceux qui sont surpris que le football féminin soit à un tel niveau», avait fanfaronné, dans la matinée, le président de l’UEFA Aleksander Ceferin, lors d’un forum à Londres.

Progrès techniques, tactiques et physiques

La finale en a été l’illustration avec une bataille acharnée entre les deux meilleures équipes du tournoi qui n’ont rien retenu dans l’engagement et les duels.

L’Allemagne pourra regretter d’avoir été privée dès les demi-finales de son ailière Klara Bühl, positive au Covid, et, quelques minutes avant le coup d’envoi, de sa capitaine et meilleure buteuse, Alexandra Popp, victime de «problèmes musculaires» à l’échauffement.

Sans Bühl et Popp, l’attaque allemande avait perdu beaucoup de son pétillant mais pas de son mordant, tentant d’étouffer l’Angleterre avec un gros pressing, mais parfois mal coordonné.

Contrairement au match d’ouverture contre l’Autriche, ou à la demi-finale contre la Suède, l’Angleterre n’a cependant pas eu de retard à l’allumage.

Elle a trouvé les voies pour sortir proprement et s’approcher du but adverse mais surtout pour répondre au défi physique qui a donné beaucoup de travail à l’arbitre ukrainienne Kateryna Monzul.

Pendant une heure, les occasions ont été rares, Ellen White en ratant deux, d’une tête dans les six mètres (3e) sur la gardienne et d’une frappe trop enlevée sur un joli service de Beth Mead en retrait (38e).

De l’influx venu du banc

Il a fallu attendre que les deux coaches mettent un peu de sang frais avec les remplacements pour que le match s’emballe enfin.

Sur une lumineuse ouverture de Georgia Stanway, passée près d’un deuxième carton jaune en fin de première période, Ella Toone s’est présentée face à la gardienne allemande qu’elle a trompée d’une balle piquée pleine d’un sang froid impressionnant étant donné l’enjeu, l’environnement et son jeune âge (22 ans), six minutes seulement après son entrée en jeu (1-0, 62e).

Les Anglaises ont malheureusement ensuite trop reculé et l’ont payé cher.

Lina Magull, qui avait raté le cadre d’un pointu du droit (50e), au point de pénalty, et trouvé le poteau d’une superbe frappe (66e), a fini par régler la mire en coupant un centre à ras de terre de Tabea Wassmuth pour égaliser (1-1, 79e).

Un cafouillage qui restera historique

Lors de la prolongation, le KO était dans l’air et on attendait le coup de génie qui allait faire basculer le titre d’un côté ou de l’autre.

Le pointu de Chloe Kelly, sur un corner cafouillé (2-1, 111e), ne restera pas dans les mémoires pour sa beauté, mais il appartient définitivement à l’histoire du sport anglais.

Ce but confirme aussi l’»invincibilité» de Sarina Wiegman qui n'a perdu aucun de ses 20 matches à la tête des «Lionesses» et remporté ses 12 matches dans un Euro, après avoir déjà emmené les Pays-Bas au sacre chez eux, il y a 5 ans.

Cette finale a battu le record d’affluence des hommes

Avec 87 192 spectateurs réunis à Wembley, la finale Angleterre-Allemagne a battu dimanche le record d’affluence pour un match du championnat d’Europe de football, qu’il soit masculin ou féminin.

Le précédent record était détenu par la finale de l’édition masculine de 1964 en Espagne, où le pays hôte avait vaincu l’URSS (2-1) devant 79 115 spectateurs.

Le match d’ouverture, opposant l’Angleterre à l’Autriche, avait déjà porté le record pour un match de l’Euro féminin à 68 871 spectateurs, alors que le record pour un match des «Lionesses» avait été établi en 2019, avec 77 768 spectateurs, déjà à Wembley et déjà contre l’Allemagne, pour un amical perdu 2-1.

Le record absolu pour un match de football féminin a été battu deux fois au printemps dernier par Barcelone, au Camp Nou, seul stade d’Europe pouvant accueillir plus de monde que Wembley.

Le 23 avril, 91 648 spectateurs étaient venus pour une demi-finale de la Ligue des champions féminine entre le Barça et les Allemandes de Wolfburg, avec des billets à 2.50 euros pour les abonnés du club et de 9 à 15 euros pour les autres.

(AFP)

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