Universités – L’angoisse de la quarantaine juste avant les examens

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UniversitésL’angoisse de la quarantaine juste avant les examens

Le niveau très élevé des contaminations et des quarantaines inquiète les universitaires, qui n’ont pas la garantie de pouvoir rattraper rapidement leurs épreuves si besoin.

par
Pauline Rumpf
Comme pour les cours, vaccin, guérison ou tests seront nécessaires pour se présenter aux épreuves.

Comme pour les cours, vaccin, guérison ou tests seront nécessaires pour se présenter aux épreuves.

24 heures

Réussir ses épreuves sans passer par la case quarantaine équivaut actuellement à traverser un terrain miné. Cette quatrième session d’examens sous le signe de la pandémie se déroulera pourtant largement en présentiel, comme l’ont décidé la plupart des universités romandes.

Pétition pour des télé-examens

Ce protocole ne satisfait pas tout le monde. Une pétition forte de 300 signatures a été lancée par des étudiants de l’UNIL, inquiets de se retrouver plusieurs heures dans une salle avec des centaines d’autres personnes, malgré les masques et le certificat Covid (3G) exigé. Ils évoquent l’obligation du télétravail, ne comprenant pas pourquoi ils suivent des règles différentes.

L’UNIL comme l’UNINE ou l’EPFL expliquent leur choix par la volonté de respecter l’égalité entre les étudiants, qui ne disposent pas tous des mêmes conditions de travail et matérielles à la maison. Ce débat avait d’ailleurs largement été soulevé par les associations d’étudiants durant les premières sessions de l’«ère Covid». «Nous avons aussi voulu offrir de la prévisibilité aux étudiants, qui nous ont transmis leur besoin de savoir bien à l’avance les conditions de leurs examens», ajoute la porte-parole de l’UNIL, Géraldine Falbriard.

Pas forcément de rattrapages anticipés

Reste une inconnue: les sessions de rattrapage. Certaines institutions, comme l’EPFL, ont déjà prévu d’en proposer rapidement, juste avant ou juste après le début du semestre de printemps. D’autres sont encore en réflexion, tandis que l’Union des étudiants de Suisse plaide en ce sens. En effet, devoir rattraper un examen six mois ou une année plus tard peut avoir de lourdes conséquences pour un cursus.

«Nous craignons que certains ne taisent leur quarantaine pour éviter de chambouler leur année, ce que nous condamnons évidemment, évoque Émile Blant, président de la Fédération des étudiant-e-s neuchâtelois-e-s. Nous sommes en discussion avec le rectorat à ce propos.» Ce dernier précise que des examens en ligne ne sont pas exclus pour les cas de rigueur, par exemple en raison d’un engagement professionnel.

À l’UNIL, dans une situation «très incertaine et évolutive», on ne veut pas s’avancer trop vite: «Nous verrons en fonction de la situation, explique Géraldine Falbriard. Il existe de toute façon des aménagements, et en cette période, nous trouvons des solutions nouvelles, par exemple pour les cas de rigueur.» Quant au risque de voir des étudiants briser leur quarantaine, elle n’y croit pas. «Les étudiants nous ont montré jusqu’ici leur bon sens et leur respect des mesures. Nous leur faisons confiance.»

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