Consommation – L’anti-Black Friday prend de l’ampleur et se diversifie
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ConsommationL’anti-Black Friday prend de l’ampleur et se diversifie

Stands, déprédations, motions mais aussi marchés gratuits et actions caritatives: la lutte contre cette journée d’achats prend de nouvelles formes.

par
Pauline Rumpf

Alors que certains font chauffer la carte bancaire ce vendredi, conquis par des rabais parfois très importants, de plus en plus de voix s’élèvent pour critiquer cette journée commerciale et proposer des alternatives. Cette année, plusieurs «marchés gratuits» fleurissent pour la journée à Neuchâtel, Vevey, Yverdon, Lausanne ou encore Fribourg, dans le but de proposer une alternative à la consommation d’objets neufs.

A Lausanne, c’est à Saint-Laurent que la Gratuiterie s’est installée.

A Lausanne, c’est à Saint-Laurent que la Gratuiterie s’est installée.

FNT

Dans ces «gratiferia» organisées par la Grève du climat, Extinction rebellion ou encore le parti veveysan Décroissance Alternatives, chacun amène ce qu’il souhaite ou prend ce qui lui plait, sans payer ni en argent ni en troc. «On est conscient qu’on ne fera pas chuter Black Friday en un jour avec nos quelques sacs d’habits, explique Robin Augsburger, militant à Neuchâtel. Quand on tracte dans les files d’attente, les gens nous disent qu’on a raison, et restent dans la file… Mais nous cherchons à faire évoluer les consciences à long terme, et à proposer une alternative.»

Dans certains endroits, des vitrines ont été vandalisées pour protester contre ces actions, comme ici à la Chaux-de-Fonds.

Dans certains endroits, des vitrines ont été vandalisées pour protester contre ces actions, comme ici à la Chaux-de-Fonds.

DR

Interdire à Genève?

Dans un autre registre, des marques bien établies s’emparent de la tendance pour proposer un black friday «différent»: Payot propose d’arrondir le prix de son livre vers le haut pour soutenir une association caritative, Freitag désactive sa boutique en ligne pendant une journée, et Ikea propose de racheter les meubles usagés pour les revendre d’occasion.

Politiquement, un député genevois s’attaque au sujet en proposant via deux motions de déclarer Genève «zone sans Black Friday». «Le Black Friday est contre-productif y compris pour les commerçants puisque cela les oblige à casser les prix, se défend Thomas Wenger. Au contraire ils ont besoin qu’on consomme local mais au juste prix!» explique-t-il dans GHI.

Des déprédations ont par ailleurs été menées sur des affiches et des vitrines dans les villes de Neuchâtel, Yverdon, La Chaux-de-Fonds et Fribourg, revendiquées par un collectif militant anticapitaliste baptisé «Brigade d’actions directes simultanées».

Acheter, regretter

Alors que selon un sondage publié par la «Tribune de Genève», cette année quatre personnes sur cinq disent avoir l’intention de tirer parti des rabais du jour, une étude de l’institut d’études de marché Dermoscope rapporte au contraire que seule une personne sur six a fait des achats lors du dernier BlackFriday. Un tiers des consommateurs interrogés regrettait ses achats, deux tiers chez les 15-34 ans. Toutefois, 70% des clients indiquent n’avoir acheté que des articles dont ils avaient réellement besoin.

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