Procès du 13-Novembre - L’appréhension des victimes avant la diffusion des images de l'attentat
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Procès du 13-NovembreDes images et un audio des attentats seront diffusés à l’audience

Le président de la Cour d’assises spéciale a annoncé que des vidéos sans le son des attentats seront diffusées ce jeudi. Suivra le lendemain l’écoute de 30 secondes de l’attaque du Bataclan enregistrées par un dictaphone.

Le président a déjà détaillé quelles images seront montrées.

Le président a déjà détaillé quelles images seront montrées.

AFP

Les images terribles des massacres perpétrés la nuit du 13 novembre 2015 sont diffusées dès jeudi au procès des attentats djihadistes de Paris et Saint-Denis, suscitant l’appréhension des victimes: certaines jugent «inconcevable» d’assister à l’audience, d’autres estiment qu’elles le «doivent» à leurs proches décédés.

Le président de la Cour d’assises spéciale de Paris, Jean-Louis Périès, a précisé mercredi quelles photographies et vidéos seront projetées à l’audience, près d’une semaine après l’ouverture du procès des attentats qui ont fait 130 morts et plus de 350 blessés à Paris et Saint-Denis (région parisienne).

Vendredi, lors de la journée consacrée aux constatations réalisées dans la salle de concert du Bataclan, où 90 personnes ont été tuées, un enregistrement audio de «30 secondes» sera également diffusé, a ajouté le magistrat dans une annonce dirigée à l’attention «particulière» des parties civiles, les invitant à prendre «leurs dispositions».

Vidéos projetées sans le son

Ce ne sera que «le tout début, 30 secondes simplement» de cet enregistrement d’un dictaphone resté allumé et qui a capté l’intégralité de l’attaque. «On entend la musique et le début des tirs», a-t-il détaillé.

Jeudi, seront projetées des «vidéos sans le son» des kamikazes se faisant exploser devant le Stade de France, ainsi que des «vidéos et des photographies panoramiques, assez éloignées» des terrasses de bistrots, le Carillon, Le Petit Cambodge et La Bonne Bière, a ajouté M. Périès.

Ce message a également été passé par les associations de victimes à ceux qui n’assistent pas aux débats ou les suivent via une webradio. Près de 1800 parties civiles s’étaient constituées avant le début de ce procès-fleuve qui doit durer près de neuf mois et 466 supplémentaires l’ont fait depuis l’ouverture des débats.

La diffusion pas remise en cause

«On en discute avec les adhérents, pas un seul ne remet en cause le fait que ce soit diffusé, ce n’est pas notre rôle d’être dans la censure», explique Arthur Dénouveaux, président de l’association Life for Paris. Aux membres de l’association, «on a rappelé qu’ils n’étaient pas obligés d’écouter ça, mais il est parfaitement audible de se dire qu’on veut y aller, voir si on tient le choc», ajoute-t-il.

Rescapé du Bataclan, Gaëtan Honoré sera, lui, absent vendredi. «C’est à des années-lumière de ce que je peux faire actuellement. (…) Je ne peux vraiment pas concevoir ça à titre personnel, de pouvoir revoir toutes ces images».

J’écouterai la webradio et je sais que je peux enlever mon casque à tout moment.

Sophie Parra, rescapée

«Je ne peux pas, même si je sais qu’il y aura beaucoup de victimes» dans la salle, affirme Sophie Parra, qui était dans la fosse du Bataclan, le soir du 13 novembre 2015. «J’écouterai la webradio et je sais que je peux enlever mon casque à tout moment».

«Une nécessité»

Pour Véronique, dont la fille est décédée au Bataclan, être présente est «une nécessité» pour «essayer de comprendre la chronologie». «Il me manque tellement d’éléments que j’ai besoin d’être là. Je me dis «je me dois de vivre ça»», confie-t-elle à l’AFP. Elle appréhende toutefois cette séquence: lors de l’énoncé des noms des 130 victimes des attentats, au début du procès, «j’ai été saisie quand j’ai entendu le nom de ma fille, je ne m’y attendais pas. Je ne pouvais plus bouger, je pleurais, c’est une vague qui est arrivée comme ça».

Il me manque tellement d’éléments que j’ai besoin d’être là. Je me dis «je me dois de vivre ça».

Véronique, mère d’une victime

«On sait tous ce qui s’est passé, on a tous lu, on a tous écouté, entendu, mais là on sera vraiment dans la fusillade, qu’on n’a pas pu empêcher, on n’a pas pu protéger nos proches, mais on se doit pour leur mémoire et en hommage à eux au moins d’être présents», estime également Chantal Duperron, dont le fils est décédé au Bataclan.

Comme depuis le début du procès, des membres de l’association Paris aide aux victimes, reconnaissables à leurs chasubles bleues, circuleront dans la salle d’audience, et pourront accueillir dans un espace réservé les victimes souhaitant échanger avec un psychologue ou un accueillant.

«Nous ne pourrons pas empêcher ceux qui le veulent d’être là (…). Mais nous avons prévenu qu’il était préférable de ne pas regarder ces photos, de ne pas écouter ces sons qui peuvent être très déstabilisants, qui peuvent être aussi des réactivateurs de traumatisme ou de deuil», souligne la directrice de l’association, Carole Damiani.

(AFP)

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