Actualisé 16.03.2014 à 21:10

Votations en Serbie

Large victoire des conservateurs du SNS

Les Serbes ont voté dimanche au cours de législatives anticipées avec l'espoir d'un redressement économique et d'intégration dans l'Union européenne.

Comme attendu, ils ont donné une large victoire aux conservateurs du vice-premier ministre serbe sortant, Aleksander Vucic.

Selon les premières estimations présentées par le CESID, un organisme indépendant qui surveille le scrutin, le Parti serbe du progrès (SNS) a obtenu 50% des suffrages. Il obtiendrait ainsi 160 des 250 sièges du Parlement, soit une majorité lui permettant, s'il le souhaite, de former seul le nouveau gouvernement.

Le SNS est suivi par son actuel allié dans la coalition gouvernementale sortante, le Parti socialiste (SPS) qui a obtenu 15% de voix, soit 50 mandats. «Il y a une majorité au Parlement et cette tendance sera maintenue», a dit à la presse le directeur du CESID Marko Blagojevic.

Selon le CESID, la principale force d'opposition, le Parti démocratique (DS), a obtenu 6% des voix, soit un quart seulement du score atteint aux législatives de 2012, lorsqu'elle a été évincé du pouvoir. Deux autres partis atteignent le quorum de 5% leur permettant de siéger au parlement: le Nouveau parti démocratique (NDS; 6% lui aussi) et le Parti démocratique de Serbie (DSS, score non précisé).

«Réformes douloureuses» annoncées

Sans attendre la fin des opérations de vote, M. Vucic a annoncé des «réformes douloureuses». «Je souhaite que la Serbie poursuive sa lutte contre la corruption, qu'elle s'efforce de faire progresser son économie, qu'elle soit en mesure d'augmenter le nombre des emplois», a-t-il déclaré, en jeans et sweat-shirt, après avoir voté.

Quelque 6,7 millions d'électeurs avaient été appelés aux urnes pour renouveler le Parlement de 250 sièges. Le scrutin a été organisé deux ans avant la fin du mandat de quatre ans du Parlement. Au total, six partis et coalitions se disputaient les faveurs de l'électorat.

Jadis au ban des nations, en raison de son rôle dans les conflits qui ont émaillé le démantèlement sanglant de l'ex-Yougoslavie, la Serbie a réussi à redorer son image. Depuis son accession au pouvoir en 2012, le gouvernement du SNS a amélioré d'une manière spectaculaire les relations avec le Kosovo, où la majorité albanaise a proclamé son indépendance en 2008.

Perspectives économiques sombres

Le président du DS, l'ancien maire de Belgrade, Dragan Djilas, a exhorté les électeurs à ne pas croire aux «fausses promesses d'investissements» formulées par les conservateurs. «Si la situation ne change pas, dans un an la Serbie sera en faillite», a-t-il affirmé.

Les perspectives économiques sont sombres pour ce pays de 7,1 millions d'habitants, où le chômage frappe 20,01% de la population active et où le déficit budgétaire est supérieur à 7% du PIB pour la quatrième année consécutive. Dans ce contexte, la campagne électorale s'est concentrée sur le redressement de la situation économique.

Selon des analystes, M. Vucic - jadis un des pionniers de l'ultranationalisme serbe, désormais engagé corps et âme à la cause de l'intégration européenne de son pays -, compte mettre à profit le soutien particulièrement important dont il jouit dans l'électorat après plusieurs arrestations spectaculaires de richissimes hommes d'affaires, dans le cadre de la lutte contre la corruption et le crime organisé.

L'économie est aussi tributaire d'un secteur public pléthorique qui représente environ huit milliards d'euros du budget annuel avec ses 700'000 fonctionnaires sur un total de 1,7 million d'employés au niveau national. En outre, la dette publique dépasse les 60% du PIB et le salaire mensuel moyen avoisine les 350 euros.

A la mi-janvier, l'agence de notation Fitch a abaissé la note de la Serbie de «BB » à «BB-» sanctionnant ainsi les hésitations de l'Etat à engager des réformes structurelles impopulaires.

(ats)

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