26.08.2020 à 22:26

ÉconomieL’Argentine discute avec le FMI pour renégocier sa dette

Buenos Aires doit remplacer l’emprunt de 57 milliards de dollars contracté en 2018 via un nouveau programme de financement de dette.

Une manifestante proteste à Buenos Aires contre l’accord sur l’exportation de porc entre la Chine et l’Argentine. (Photo Juan MABROMATA / AFP)

Une manifestante proteste à Buenos Aires contre l’accord sur l’exportation de porc entre la Chine et l’Argentine. (Photo Juan MABROMATA / AFP)

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L’Argentine a débuté mercredi des discussions formelles avec le Fonds monétaire international (FMI) pour négocier un nouveau programme de financement de dette. Il doit remplacer l’emprunt de 57 milliards de dollars (52 milliards de francs) contracté en 2018.

«Le président Alberto Fernández, en présence du ministre de l’économie Martin Guzmán et du représentant du Cône sud auprès du FMI s’est entretenu avec [la directrice générale de l’organisation, ndlr] Kristalina Georgieva pour débuter les négociations destinées à parvenir à un nouvel accord avec l’organisme» financier, selon un communiqué.

Le Cône sud regroupe les pays situés dans la zone la plus australe de l’Amérique du Sud, c’est-à-dire l’Argentine, le Chili et l’Uruguay.

Lors de cet entretien avec Kristalina Georgieva, le président Fernández (centre gauche) a indiqué que son gouvernement considérait comme nécessaire d’avancer «sans hâte et sans pause […] avec le FMI». Il s’agit de «régler le désordre dont nous avons hérité du gouvernement précédent», a déclaré le chef de l’État en référence à son prédécesseur Mauricio Macri (centre droit), dont le gouvernement a signé en 2018 le dernier accord de crédit avec l’organisation internationale.

La directrice générale du FMI a évoqué dans un communiqué une «conversation très constructive et positive» avec le président Fernández.

324 milliards de dollars de dette publique

«Nous sommes impatients d’approfondir notre dialogue sur la meilleure façon de soutenir les efforts du gouvernement pour gérer l’impact de la pandémie, relancer la croissance et la création d’emplois, et réduire la pauvreté et le chômage tout en renforçant la stabilité macroéconomique au profit de tous les Argentins», a-t-elle ajouté.

En 2006, après avoir payé l’intégralité de sa dette envers le FMI, l’Argentine avait gelé pendant une dizaine d’années ses relations avec l’institution, jusqu’au prêt contracté par Mauricio Macri, le plus gros jamais accordé par le fonds.

Lors de sa prise de fonction en décembre 2019, Alberto Fernández avait mis en suspens cet accord en ne demandant pas le décaissement de la dernière tranche. Buenos Aires a ainsi reçu 44 milliards de dollars (40 milliards de francs) sur un total de 57 milliards.

L’Argentine «a déjà, dans une large mesure, mis de l’ordre dans ses comptes avec les créanciers et va commencer à travailler aujourd’hui pour le faire avec les organismes internationaux de crédit, en particulier le FMI», a ajouté le chef de l’État lors d’un événement organisé à la résidence présidentielle.

L’Argentine finalise les derniers détails d’un accord conclu le 4 août auprès de créanciers privés pour la restructuration de 66 milliards de dollars (60 milliards de francs) d’obligations émises sous législation étrangère.

La dette publique de l’Argentine s’élève à un total de 324 milliards de dollars (294 milliards de francs), soit près de 90% du produit intérieur brut.

(ATS/NXP)

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