Egypte - L’armée confirme l’achat de 30 Rafale à la France
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EgypteL’armée confirme l’achat de 30 Rafale à la France

L’Egypte et la France ont signé un contrat de près de 4 milliards d’euros. Le lien diplomatique est renforcé.

En 2015, l’Egypte avait été le premier pays étranger à investir dans des avions Rafale. 

En 2015, l’Egypte avait été le premier pays étranger à investir dans des avions Rafale.

AFP

L’Egypte a confirmé avoir signé avec la France un contrat pour l’achat de trente avions de combat Rafale supplémentaires de la société Dassault, dans un communiqué de l’armée, publié dans la nuit de lundi à mardi.

«L’Egypte et la France ont signé un contrat pour la fourniture de 30 avions Rafale», a indiqué le communiqué égyptien, quelques heures après la révélation de ce contrat par le média d’investigation français Disclose. L’achat se fera via un prêt sur dix ans, ajoute l’armée égyptienne, sans autre précision.

Bon client

Le Caire est l’un des plus gros clients de l’industrie française d’armement. L’Egypte avait été en 2015 le premier pays étranger à acheter des Rafale, avec une commande de 24 avions de combat.

Les ventes d’armes à l’Egypte se sont considérablement renforcées après l’arrivée au pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi en 2014, essentiellement entre 2014 et 2016, à la faveur de la vente de Rafale, d’une frégate, de quatre corvettes et de deux porte-hélicoptères Mistral.

La vente annoncée cette semaine confirme le succès à l’exportation, tardif mais réel, de l’avion de combat français. Egalement commandé par le Qatar (36) et par l’Inde (36), il a été vendu en janvier à la Grèce à 18 exemplaires, dont douze d’occasion.

Selon les détails dévoilés par Disclose lundi, la France et l’Egypte ont conclu le 26 avril un contrat d’un montant de 3,95 milliards d’euros, comprenant la vente de trente avions de chasse Rafale, ainsi que deux autres contrats au bénéfice du missilier MBDA et de Safran Electronics et Defense.

Disclose a également indiqué que les versements de l’Egypte se feraient «principalement à crédit» et que Le Caire avait «obtenu un prêt garanti par la France, à hauteur de 85%". Selon le média d’investigation, «le Trésor public s’est porté caution auprès de plusieurs établissements bancaires français» – Crédit agricole, Société générale, BNP Paribas et CIC - pour permettre le prêt.

Droits humains en péril

M. Sissi a été reçu en décembre 2020 à Paris. Une visite décriée par des organisations de défense des droits humains qui accusent régulièrement l’Egypte de bafouer les libertés individuelles et de limiter notamment la liberté d’expression.

Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Sissi en 2014, l’Etat égyptien mène une répression féroce contre toute forme d’opposition, religieuse ou libérale. Mais le président français Emmanuel Macron a refusé en décembre de conditionner la question des droits humains au partenariat stratégique entre Paris et Le Caire, tout en plaidant pour une «ouverture démocratique» et «une société civile active».

Les importations égyptiennes d’armements français se sont élevées à 7,7 milliards d’euros entre 2010 et 2019, faisant du Caire le quatrième pays client de la France en matière d’armements, selon le rapport annuel au Parlement français.

Partenariat stratégique

Le ministère français des Armées, dirigé par Florence Parly, affirme dans un communiqué que «ce contrat illustre le caractère stratégique du partenariat que la France entretient avec l’Egypte, alors que [les] deux pays sont engagés résolument dans la lutte contre le terrorisme et oeuvrent à la stabilité dans leur environnement régional».

Face aux critiques des ONG contre le régime égyptien qu’elles accusent de bafouer les droits humains et d’utiliser des armements contre des civils, le ministère plaide que «les exportations de matériels militaires s’inscrivent dans la politique de défense et de sécurité de la France». Elles sont par ailleurs «vitales pour [l’]industrie de défense et l’équipement [des] forces armées (et) contribuent également à l’autonomie stratégique et au rayonnement [du] pays», selon lui. Ce contrat doit générer l’équivalent de 7.000 emplois en France pendant trois ans.

(AFP)

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