Refus du Conseil fédéral: L’armée ne vaccinera pas et s’économise pour une troisième vague

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Refus du Conseil fédéralL’armée ne vaccinera pas et s’économise pour une troisième vague

Les cantons latins ont demandé l’aide de l’armée pour vacciner dans les EMS. Alain Berset et Viola Amherd ont dit non: les soldats doivent pouvoir être mobilisés en cas de besoins dans les hôpitaux.

par
Yannick Weber
Le gouvernement préfère garder suffisamment de soldats disponibles en cas de débordement des hôpitaux.

Le gouvernement préfère garder suffisamment de soldats disponibles en cas de débordement des hôpitaux.

Armée Suisse

Des soldats mobilisés en soutien des équipes mobiles qui vont vacciner dans les EMS: tel était le souhait de plusieurs cantons, constatant notamment la vitesse à laquelle certains États vaccinent leur population, comme par exemple Israël, aidé par son armée et par la mise à disposition de davantage de moyens. La Conférence latine des affaires sanitaires et sociales en avait fait la demande. Comme l’a annoncé dimanche la conseillère d’État vaudoise Rebecca Ruiz dans le 19:30 de la RTS, il n’en sera pas question.

Les critiques n’ont pas tardé à fuser, avec d’un côté ceux qui dénoncent ce refus. «L’armée ne veut pas nous aider à vacciner alors qu’on vient de lui offrir 6 milliards pour des avions?» s’est offusqué un internaute. De l’autre, l’UDC Vaud ne s’est pas gênée pour souligner l’ironie qui consiste à voir une ministre cantonale socialiste demander l’aide de l’armée, alors que son propre parti souhaiterait son abolition.

L’armée fait ce qu’on lui dit

Dans les faits, ce n’est pas l’armée qui a refusé son aide mais le Conseil fédéral: Alain Berset et Viola Amherd ont répondu, fin décembre, par la négative à la demande des cantons latins.

Comme l’explique Lorenz Frischknecht, porte-parole du Département fédéral de la Défense (DDPS), c’est même d’abord au Parlement que revient la tâche de dresser le catalogue des prestations fournies par l’armée. «La vaccination de la population n’y est pas incluse», informe-t-il. Mais même au delà de cet aspect purement procédural auquel le Parlement pourrait remédier sans difficulté, le Conseil fédéral reste d’avis que cette tâche ne doit pas échoir à l’armée.

Les Cantons en sont capables

Et son argument ne rassure pas: «Une troisième vague ne peut être exclue et les capacités militaires dans le domaine sanitaire pourraient ainsi à nouveau être sollicitées», dit Lorenz Frischknecht. En clair: les soldats formés ne seraient pas assez nombreux pour assurer le soutien à la vaccination tout en étant mobilisés dans les hôpitaux, comme ils l’ont été au printemps 2020. Enfin, pour le DDPS, «les Cantons devraient être en mesure de mobiliser et d’engager les ressources humaines adéquates du domaine civil».

À moins que le Parlement ne décide de changer la donne, les tâches de l’armée dans la campagne de vaccination se limiteront donc à celles qui lui ont déjà été confiées: réceptionner, stocker et livrer aux Cantons les doses de vaccin au fur et à mesure des livraisons. Pour le DDPS, c’est à eux de prendre leurs responsabilités car ils ont les capacités, seuls, d’assurer une campagne efficace sans que ne se justifie d’intervention supplémentaire de l’armée.

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