Actualisé 11.01.2019 à 14:00

TennisLarmes de fin pour Andy Murray

L'Ecossais, victime d'incessantes douleurs à la hanche, a annoncé, en larmes, sa très probable fin de carrière.

de
Daniel Visentini, Melbourne
Les larmes d'Andy Murray en conférence de presse.

Les larmes d'Andy Murray en conférence de presse.

Keystone/Daniel Pockett

Gros moment d'émotion à Melbourne, quand Andy Murray a fondu en larmes en évoquant la fin de sa carrière, lors d'une conférence de presse qu'il a lui-même sollicitée. Depuis vingt mois, l'Écossais de 31 ans se bat avec de graves problèmes à la hanche droite. «Je ne suis pas au mieux», a-t-il lâché dans un étranglement, avant de quitter la salle de presse quelques instants, abattu.

Il est revenu quelques minutes après, pour faire face, avec courage. L'ex-No 1 mondial, tombé à la 230e place mondiale après avoir été quelques semaines au-delà des 800, n'en peut littéralement plus. «Non, je ne peux pas continuer comme cela, a-t-il sangloté. J'avais dans l'idée de tenir jusqu'à Wimbledon, pour faire mes adieux à ce moment-là. Mais en l'état, je ne sais pas si ce sera possible. Je veux dire, je me vois mal jouer encore quatre ou cinq mois avec les douleurs que je ressens au quotidien. Non, je crois que je vais jouer ce premier match ici à Melbourne, mais qu'il pourrait aussi bien être le dernier pour moi.»

Andy Murray annonce sa retraite

En pleurs, l'Ecossais a annoncé vendredi que l'Open d'Australie pourrait être son dernier tournoi.

«Impossible à vivre»

Le dernier. Le tout dernier. Andy Murray, c'est trois victoires en Grand Chelem (2 fois Wimbledon en 2013 et 2016, l'US Open en 2012), c'est deux titres olympiques en simple aux JO de Londres 2012, à Wimbledon, où il bat Roger Federer en finale, et aux JO de Rio en 2016. C'est aussi, dans la foulée de ce second titre olympique, cette folle course en fin de saison 2016 pour devenir No 1 mondial.

Une multiplication affolante de matches et de tournois remportés pour empocher les points nécessaires. Porté par son rêve, mais déjà touché par le mal. Et puis il y a ce match épique en 2017 à Roland-Garros contre Stan Wawrinka: une défaite lourde de conséquences pour l'Écossais, qui craquait au 5e set empoché 6-1 par le Vaudois. Murray aura payé un lourd tribut à ce bras de fer là. «Depuis ce match, c'est devenu impossible à vivre», a-t-il relevé.

Effondré, mais lucide

Opéré il y a un an à Melbourne au St-Vincent Hospital par le Dr John O'Donnel, il était alors gonflé d'espoir. Il est aujourd'hui un homme effondré, qui veut rester lucide. «J'ai encore la possibilité d'une nouvelle opération, souffle-t-il, le chagrin dans les yeux. Mais il faut être réaliste: ce n'est pas une opération qui autorise des espoirs pour retrouver le tennis professionnel à haut niveau, il n'y a aucune garantie sur ce point… Non, cette opération existerait pour améliorer ma qualité de vie, au-delà du tennis.»

Le champion a quitté l'estrade comme il était venu: à la douleur physique s'additionnait celle, morale et profonde, de ses adieux à son sport, à peine masqués.

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