Action coup de poing: Ils défoncent le goudron pour planter des fleurs
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Action coup de poingIls défoncent le goudron pour planter des fleurs

Mercredi, des membres d’Actif-trafiC et des habitants des Pâquis se sont attaqués au bitume avec des marteaux-piqueurs pour verdir le quartier. La Ville de Genève a porté plainte. 

par
Leïla Hussein
David Ramseyer

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20 minutes

Actif-trafiC et l’association d’habitants des Pâquis (survap) sont passés à l’offensive, mercredi matin. Las d’attendre de la verdure dans le quartier, ils ont décidé de régler le problème… à coups de marteaux-piqueurs. A 10h, une quinzaine de personnes s’est attaquée au bitume. Cinq places de parc à la rue des Pâquis étaient visées. Au programme: dégager l’asphalte sur plusieurs mètres et installer un rouleau de gazon à la place. La population étaient invitée à venir y planter des fleurs dès 15h.

Mais l’arrivée de la police municipale et cantonale, vers 12h30, a mis fin à cette action coup de poing. Une dizaine d’agents a relevé les identités des participants et pris des mesures du trou percé. En effet, si une autorisation leur avait été délivrée pour occuper les lieux entre 10h et 20h, l’attaque aux marteaux-piqueurs, elle, a été menée de manière illicite. 

La Ville porte plainte

Peu avant 15h, le rassemblement a été informé que la Ville de Genève avait déposé une plainte. «Nous sommes très déçus qu’ils ne nous permettent pas de concrétiser la suite de cet acte qui se veut pacifique et bon enfant», regrette Kirsten, d’Actif-trafiC. Elle dénonce «le double discours des autorités. D’un côté, on nous dit qu’il faut plus d’espaces verts, et de l’autre, que c’est compliqué à mettre en œuvre. Aujourd’hui, on a prouvé que c’était possible. C’est simplement une question de volonté.» 

Malgré la tournure des événements, les instigateurs restent sereins et s’attendent à une simple amende. Alain, membre du collectif «Survivre aux Pâquis», estime le coût de la remise en état du sol entre 2000 et 3000 francs. Pour lui, cette opération n’est que le début. «On va continuer d’en mener d’autres pour mettre la pression.»

Robin Baudraz

«Cela fait des décennies que les habitants demandent des mesures.» 

Julien, membre du collectif «Survivre aux Pâquis»

«Les Pâquis n’ont que 5% de surface arborisée, alors que Champel en compte 30%, a relevé Thibault Schneeberger, d’actif-trafiC. On l’a vu avec la récente canicule. Il y a un urgent besoin de végétalisation pour combattre les îlots de chaleur.»

«Cela fait des décennies que les habitants demandent des mesures. Mais force est de constater que les pouvoirs publics ont du mal à embrayer, même si on comprend qu’il y a des contraintes. Nous n’avons plus de temps à perdre», déplore Julien, membre de survap.

Une méthode condamnée 

«On ne peut pas endommager le domaine public sous prétexte que l’on a des intentions louables. La démocratie suppose le respect des règles de droit», a réagi la maire de la Ville, Marie Barbey-Chappuis. Bien que les autorités ne cautionnent pas la manière, le département de l’aménagement, des constructions et de la mobilité s’est dit sensible à la problématique soulevée. Il assure travailler «intensément sur le projet dit de «Croix Verte», visant à créer une trame verte et apaisée au cœur du quartier». 

Vives réactions dans le quartier 

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L’action coup de poing, qui a débuté à 10h, était toujours en cours vers 12h30. La police municipale a fait son apparition sur le chantier à ce moment-là.

L’action coup de poing, qui a débuté à 10h, était toujours en cours vers 12h30. La police municipale a fait son apparition sur le chantier à ce moment-là.

rbz
Robin Baudraz
rbz

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