Actualisé 12.08.2008 à 05:08

Laure Manaudou se noie dans le Water Cube

Annoncée comme la grande vedette française des JO de Pékin en raison de son exceptionnel palmarès d'Athènes il y a quatre ans, la nageuse Laure Manaudou a bu la tasse en deux courses en Chine, et se dit proche de la noyade.

«Je me demande si cela sert à quelque chose de continuer», a déclaré la Française de 21 ans, septième mardi du 100m dos après avoir terminé huitième et dernière du 400m nage libre la veille. En Grèce, elle avait obtenu l'or sur le 400 et le bronze sur le 100m dos.

Selon son programme, elle doit nager encore nager les séries du 200m dos programmées jeudi et celles du relais 4x100m 4 nages vendredi.

«Il est difficile de faire des courses où l'on arrive septième ou huitième», a-t-elle dit au micro de la télévision France2, sans vouloir s'arrêter ensuite dans la zone mixte des interviews du Water Cube, le bassin olympique.

«Je ne sais plus si j'ai envie de nager», a-t-elle ajouté.

«Elle devrait être au départ du 200m dos», a cependant déclaré son entraîneur Lionel Horter.

A Athènes en 2004, Manaudou avait conquis trois médailles, l'argent sur 800m nage libre étant venu s'ajouter à l'or et au bronze.

Depuis la rupture avec son entraîneur charismatique Philippe Lucas en mai 2007, le parcours de Laure Manaudou ressemble à un long chemin de croix. Un exil en Italie pour rejoindre son amoureux le nageur Luca Marin, soldé par une rupture rapide et des photos dénudées de la championne circulant sur internet; trois entraîneurs «consommés» depuis Philippe Lucas, à savoir Paolo Penso du club turinois de LaPresse, son frère Nicolas à Ambérieu-en-Bugey, puis enfin Lionel Horter, le spécialiste du dos à Mulhouse, à l'origine du titre de championne du monde de Roxana Maracineanu.

Devenue une vedette des médias, la jeune Française a eu du mal à concilier célébrité précoce et résultats sportifs. A Dunkerque, elle avait fondu en larmes lors des championnats de France où elle avait subi au printemps son premier revers du 400m nage libre depuis sa médaille d'or d'Athènes. Elle s'était inquiétée de ne pas disposer de la nouvelle combinaison Speedo qui depuis 2008 a fait tomber une pluie de records du monde.

Pour Philippe Lucas, seul «le travail» permet d'obtenir des résultats en natation. «Vous savez, un athlète de haut niveau, ça doit être dirigé, il y a des fois où il faut remettre les choses dans l'ordre. C'est mon avis personnel et j'en suis persuadé. Je connais très bien Laure. Je l'ai pratiquée pendant six ans, je sais comment elle fonctionne. Je sais ce qu'il lui faut, après il ne faut pas me raconter la messe», a déclaré l'ex-entraîneur de la championne lundi après le revers dans le 400m nage libre.

Lionel Horter affichait impuissance et inquiétude. «Elle fait ce qu'il faut dans la première partie de la course, puis a lâché quand s'est devenu compliqué. Le temps qu'elle fait n'a aucune signification. Je dirais que c'est un ensemble de choses qui fait qu'on débouche sur ça. Il sera toujours temps à la fin de la semaine d'essayer de comprendre ce qu'il se passe, ce qu'il s'est passé tout au long de l'année», avait-il dit.

«Les défaites ont toujours des explications qu'il faut aller chercher dans l'entraînement», a reconnu Claude Fauquet le patron de la natation française.

Huitième et dernier temps qualificatif pour la finale du 400m, placée en ligne 8 lors de cette finale et celle du 100m dos, Laure Manaudou n'a pas vu le chiffre 8, symbole de prospérité en Chine, lui porter chance. Son parcours ressemble, le psychodrame en moins, à celui de Marie-José Pérec à Sydney en 2000. La sprinteuse de l'athlétisme, venue chercher en Australie une troisième médaille d'or consécutive sur 400m après ses sacres de Barcelone et d'Atlanta, avait fui Sydney, incapable de résister à une pression induite par une préparation tronquée avant les Jeux.

«Elle (Laure) joue son rôle d'athlète. Elle aurait pu se défiler. Je respecte son courage», a dit Fauquet lundi après son échec sur 400m nage libre.

Buvant le calice jusqu'à la lie au Water Cube de Pékin, Laure Manaudou a vu l'Italienne Federica Pellegrini, sa rivale de coeur à Turin, lui ravir lundi en série son record du monde du 200 mètres nage libre. Pellegrini lui avait déjà pris à Eindhoven lors des championnats d'Europe le record du monde du 400m nage libre, vieux record de l'Américaine Janet Evans remontant à 1988, qu'elle s'était adjugé alors au sommet de sa splendeur. (ap)

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