Actualisé 14.10.2012 à 12:40

Succession de Jean Studer

Laurent Kurth est élu au Conseil d'Etat

Sans surprise, les Neuchâtelois ont élu dimanche Laurent Kurth au Conseil d'Etat.

Agé de 45 ans, le socialiste chaux- de-fonnier succède à Jean Studer.

Agé de 45 ans, le socialiste chaux- de-fonnier succède à Jean Studer.

Sans surprise, les Neuchâtelois ont élu dimanche Laurent Kurth au Conseil d'Etat. Agé de 45 ans, le socialiste chaux- de-fonnier a battu à plates coutures son adversaire Louis Dubois de l'Entente cantonale neuchâteloise, une formation marginale de droite.

Laurent Kurth succède ainsi à Jean Studer, qui a démissionné à la fin juillet après avoir été nommé président du conseil de banque de la Banque nationale suisse (BNS). Il a récolté 21'040 voix contre 8428, soit plus de 70% des suffrages.

Membre depuis huit ans de l'exécutif de la ville de La Chaux-de- Fonds, Laurent Kurth est économiste. Il a dirigé le service cantonal de l'emploi de 1994 à 2004.

«Ce résultat est une marque de confiance. J'avais dit qu'avec plus de 70% je serais content. Cela me donne une légitimité de proposer des réformes», a indiqué le nouvel élu devant les médias.

Ce dernier ne tient pas à s'imposer comme la personne forte du gouvernement. «Je tiens à être vrai, sincère. Je ne vais pas changer de visage pour coller à ce que l'on attend de moi», a dit le conseiller d'Etat élu. Au cours de sa campagne électorale, M.Kurth s'est défendu contre la réputation de technocrate, froid et distant, qui lui est souvent accolée.

Discret et affable

A son avis, son intérêt pour les questions économiques est souvent à l'origine d'un malentendu sur son orientation politique. Si ses convictions et son pragmatisme le rapprochent de Jean Studer, sa personnalité diffère incontestablement.

Avec sa grande taille et son rire tonitruant, Jean Studer avait parfois l'allure d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Plutôt petit, mince, réservé, revendiquant même une certaine modestie, Laurent Kurth peut difficilement être soupçonné de briser de la porcelaine.

Participation très basse

De son côté, M. Dubois estime que son score est tout à fait «correct». Il tenait avant tout à ce que l'élection complémentaire au Conseil d'Etat ne soit pas tacite. Les Neuchâtelois ne semblent pas avoir partagé son souci, car la participation n'a été que de 23,96%.

«Laurent Kurth entrera en fonction en novembre ou en décembre», a indiqué le président du Conseil d'Etat Philippe Gnaegi. Le nouveau gouvernement se réunira dans deux ou trois semaines pour procéder à la répartition des départements. Le département de M.Studer était celui des finances; il est actuellement en charge de son suppléant, le ministre libéral-radical de l'économie Thierry Grosjean.

Tour de chauffe

Laurent Kurth n'aura guère le temps de savourer sa victoire. Il devra remettre son fauteuil en jeu en avril prochain lors des élections cantonales, qui s'annoncent nettement plus «sportives» que le scrutin de dimanche.

Le fauteuil ministériel de Laurent Kurth sera cependant sans doute plus assuré que prévu. L'annonce par la conseillère d'Etat socialiste Gisèle Ory de son départ à la fin de la législature a changé la donne. Elle a enlevé un argument à ceux qui auraient pu critiquer le fait que les deux ministres socialistes soient des représentants du Haut du canton.

Intermède humoristique

Peu après l'annonce, mi-mai, de la démission de Jean Studer, nombreux étaient ceux qui pensaient que l'élection complémentaire au Conseil d'Etat serait tacite. Ni le PLR ni l'UDC ne contestaient en effet le deuxième siège socialiste au sein du gouvernement, formé de deux représentants du PS et de trois du PLR.

C'était sans compter avec les humoristes Cuche et Barbezat. Soucieux selon leurs dires d'éviter une élection tacite, ils annonçaient leur souhait de se présenter en tandem au gouvernement.

Le fait que la Chancellerie d'Etat indiquait l'impossibilité légale d'un «job sharing» n'a pas découragé le duo. Chacun est allé déposer sa candidature avant le délai légal pour la retirer dans les trois jours. Leur démarche n'avait cependant plus vraiment de sens, dans la mesure où M.Dubois s'était annoncé le 31 juillet, écartant définitivement l'éventualité d'un élection tacite. (ats)

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