Actualisé 26.11.2014 à 13:10

Suisse/France

«Laurent Ségalat ferait mieux de se taire»

Condamné pour meurtre, le généticien français échappe à la justice. Il en profite pour répondre à des interviews. Les proches de sa victime sont choqués.

de
Christian Humbert/cge

C'était le 8 novembre dernier à Lyon (F). Laurent Ségalat, condamné à 14 ans de prison pour le meurtre de sa belle-mère Catherine Ségalat, recevait l'équipe de l'émission «Zone d'ombre». Son interview sera diffusée ce mercredi soir sur la RTS. Pour Françoise Siliprandi, l'une des sœurs de la défunte, c'en est trop. «Il ferait mieux de se taire, mais que peut-on y faire?»

Deux ans après sa condamnation en appel, le généticien français reste libre de ses mouvements. Citoyen de l'Hexagone, il réside à Thonon (F). C'est là qu'il se trouvait le jour où le Tribunal cantonal vaudois l'a reconnu coupable de meurtre. Depuis, il n'a jamais remis les pieds en Suisse. Désormais sous le coup d'un mandat d'arrêt international, il se garde bien de traverser la frontière. Son pays n'extradant pas ses ressortissants, il ne risque rien tant qu'il reste sur ses terres. Et rien ne l'empêche de s'exprimer dans les médias, au grand dam de Jacques Barillon, avocat de la famille de Catherine Ségalat. «Je ne suis pas étonné qu'un meurtrier cynique et manipulateur continue à défier la justice avec une telle arrogance. C'est sa nature. Il ne changera jamais.» Conseil de Laurent Ségalat, Stefan Disch estime qu'«il a le droit d'exprimer sa vérité, même si celle-ci est différente de la vérité judiciaire. Il souhaite dire ce qu'il a ressenti.» L'avocat explique aussi pourquoi le Français n'a rien versé à la famille de la victime, comme l'impose le jugement: «Il n'en a pas les moyens. Et pourquoi paierait-il pour quelque chose qu'il ne reconnaît pas avoir commis? Il est logique.»

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Face-à-face virtuel avec le procureur

«On ne risque pas d'interférer dans une procédure judiciaire en cours puisque le jugement du Tribunal fédéral est exécutoire», indique Christophe Minder. L'attaché de presse de la RTS justifie ainsi que des journalistes soient allés interviewer un condamné qui échappe encore à la justice suisse. Il précise aussi que toutes les parties seront représentées lors de l'émission «Zone dombre» de mercredi soir, notamment le procureur général du canton de Vaud Eric Cottier: «Il a pu visionner l'interview avant et il a pu répondre point par point à ce que dit M. Ségalat.»

En toute impunité en France

Mi-octobre, un mandat d'arrêt international a été émis par Berne à l'encontre de Laurent Ségalat. Le condamné étant Français, «une arrestation en vue d'une extradition vers la Suisse est exclue», indique Anthony Brovarone, porte-parole du Service pénitentiaire vaudois. Cette impunité pourrait toutefois prendre fin puisque la Suisse peut demander à l'Hexagone d'appliquer la décision rendue par la justice vaudoise: des vérifications sont en cours afin que la France se détermine sur les possibilités d'une telle mise en oeuvre, note Anthony Brovarone. Pour l'heure, «le ministère de la justice français n'a été saisi d'aucune demande de la part des autorités suisses», indique-t-on du côté de Paris.

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