Arc lémanique: Lausanne perd le Human Brain Project
Actualisé

Arc lémaniqueLausanne perd le Human Brain Project

Dès 2014, le Human Brain Project va s'implanter à Genève sur le site de Sécheron acquis par la Fondation Wyss et la famille Bertarelli. Le projet vaudois Neuropolis est abandonné.

Le Campus Biotech a pris place dans les anciens locaux de Merck Serono rachetés par la Fondation Wyss et la famille Bertarelli sur le site de Sécheron.

Le Campus Biotech a pris place dans les anciens locaux de Merck Serono rachetés par la Fondation Wyss et la famille Bertarelli sur le site de Sécheron.

Surprise: le Human Brain Project (HBP) quitte Lausanne pour Genève. Quelque 200 chercheurs basés à l'EPFL pourraient se déplacer dès 2014 au Campus Biotech installé sur le site de Sécheron. L'Etat de Vaud, où la mauvaise humeur est palpable, retire son projet de construction du bâtiment Neuropolis.

La décision de partir à Genève vient principalement de la direction de l'EPFL et de celle du HBP, explique mardi à l'ats, Jérôme Grosse, porte-parole de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Elle a été prise afin de pouvoir démarrer le projet le plus rapidement possible.

Gain de temps

«On gagne 3 à 4 ans» en s'installant dans le Campus Biotech. Les locaux sont prêts, alors qu'à Lausanne il fallait construire Neuropolis, indique le porte-parole. Les pressions de l'Union européenne et des pays membres ont été ressenties comme «fortes» pour que le HBP «délivre les résultats attendus» d'ici le début de la deuxième phase de financement. La première période de 30 mois a commencé le 1er octobre.

«Le Conseil d'Etat vaudois prend acte», déclare Pascal Broulis. «L'EPFL a des problèmes de trésorerie et économise sur les 30 millions promis de son côté pour Neuropolis», ajoute le ministre qui rappelle combien le canton «s'est battu» pour le Human Brain Project.

Autre solution

Vaud avait «clairement» mis à disposition d'autres locaux pour un démarrage rapide du projet. Le HBP figure sur le programme de législature afin de faire rayonner le canton. «La métropole lémanique reste l'épicentre» du projet. Il y aura d'autres opportunités, relève Pascal Broulis.

La Fondation Wyss et la famille Bertarelli ont annoncé en mai l'acquisition du site de Sécheron à l'entrée de Genève, ex-Merck Serono. Leur volonté est de le transformer en complexe de recherche dans les neurosciences et les biotechnologies. Le campus est loué depuis juillet pour partie par l'EPFL et le canton de Genève.

Beaucoup d'argent

La disponibilité du Campus Biotech genevois permet d'accueillir les équipes scientifiques et administratives du HBP. Elle n'était pas prévisible au moment des discussions initiales sur le projet Neuropolis à Lausanne, insistent les partenaires du projet dans leur communiqué de presse.

Pour le vice-président de l'EPFL André Schneider, c'est bien un projet romand que le site de Sécheron accueille. Sa situation proche de la gare Cornavin et non loin de l'aéroport de Cointrin comporte en outre un grand avantage d'accessibilité internationale, a-t-il précisé au «19:30» de la RTS.

Le Conseil d'Etat genevois va financer les frais de location des espaces dédiés au Human Brain Project pour un montant d'un million de francs par année pendant 30 ans, complété d'une dotation de cinq millions répartie sur plusieurs exercices.

Le ministre genevois de l'éducation Charles Beer a pour sa part souligné la gestion sur une base privée de l'EPFL qui a pris sa décision en toute liberté. Il serait donc totalement faux d'y chercher, selon lui, une intervention de l'Etat de Genève au détriment de son voisin vaudois, a dit le conseiller d'Etat au téléjournal de la RTS.

Exit Neuropolis

Côté vaudois, le projet de construction de Neuropolis «n'est plus d'actualité». Le Conseil d'Etat retire la demande de crédit au Grand Conseil ainsi que l'octroi d'un droit de superficie. Vaud proposait d'allouer 35 millions sur les 100 millions budgétisés pour le bâtiment, les derniers 35 millions provenant de Rolex.

Le Conseil d'Etat vaudois souligne que les volets du projet HBP liés au CHUV et à l'UNIL «se poursuivent». Il entend veiller à ce que «ces deux institutions disposent de tous les moyens nécessaires à la mise en oeuvre des programmes qui les concernent».

Grands espoirs

Devisé à 1,2 milliard d'euros, le HBP est coordonné par l'EPFL après avoir reçu le soutien de l'Union européenne en janvier. Il vise à modéliser la structure et le fonctionnement du cerveau humain grâce à l'informatique.

A l'annonce du choix européen, Pascal Broulis s'était dit «ultra heureux». «C'était risqué», le canton de Vaud a dû se positionner il y a une année et aujourd'hui cela porte ses fruits, commentait alors le conseiller d'Etat.

En prenant pied à Genève, l'EPFL poursuit son développement géographique. Elle sera ainsi dans tous les cantons romands, le Jura excepté. (ats)

Ton opinion