Actualisé 24.03.2014 à 17:19

Suisse

Lausanne reste la ville la moins sûre du pays

Même si le nombre d'infractions au Code pénal recensées à Lausanne a baissé de 3% en 2013, le chef-lieu vaudois conserve son statut de cité la moins sûre de Suisse.

La capitale olympique est première au classement, devant Genève, Berne et Zurich.

La capitale olympique est première au classement, devant Genève, Berne et Zurich.

La criminalité est en baisse en Suisse. Les infractions pénales ont diminué au niveau national, mais l'embellie s'observe aussi dans les cantons romands, les moutons noirs des dernières années. Le nombre de délits chez les mineurs a également diminué.

Avec 209 crimes et délits enregistrés pour 1000 habitants, la capitale olympique arrive devant Berne, Genève et Zurich. Berne recense 168 infractions au Code pénal pour 1000 habitants (-6%) et se place au deuxième rang, indique lundi l'Office fédéral de la statistique (OFS).

La ville fédérale est suivie par Genève, qui améliore sa position d'un rang par rapport à l'année précédente, avec 160 infractions (-13%), et Zurich qui peut se prévaloir d'une baisse identique (-13%) avec ses 138 infractions recensées pour 1000 habitants. Alors que les crimes et délits sont en baisse dans ces quatre villes, le bilan est plus contrasté pour les infractions à la loi sur les stupéfiants. Zurich et Berne enregistrent un recul de respectivement 6% et 5%, tandis que Genève et Lausanne voient les infractions à la loi sur les stupéfiants augmenter de respectivement 13% et 9%.

Romands plus sévères sur le stupéfiants

Cette différence s'explique notamment par le fait que les cantons romands sont plus sévères dans l'application de la loi sur les stupéfiants. Enfin, les délits relevant de la loi sur les étrangers sont en hausse dans chacune des villes citées. Genève connaît la plus forte augmentation et enregistre un bond de 41%, suivie de Lausanne avec 19%, de Berne ( 4%) et Zurich ( 2%).

Au regard de l'année précédente, le nombre d'infractions au code pénal recensées en 2013 a diminué de 6% pour s'inscrire à 575'139. Aujourd'hui, presque trois quarts des crimes et délits concernent le patrimoine, où le nombre d'infractions a baissé de 7% par rapport à 2012.

Ce recul est particulièrement visible pour les vols: au nombre de 217'978 en 2013, ces derniers ont reculé de 8% par rapport à 2012, indique lundi l'Office fédéral de la statistique dans son rapport annuel sur la criminalité en Suisse.

Violence sexuelle en hausse

L'OFS note également un recul important du nombre des brigandages qui a diminué de 11% comparé à 2012. Les actes avec violence sont également moins nombreux, même si la baisse est moins nette. Avec 45«584 dénonciations, ces derniers ont globalement régressé de 2%.

En revanche, la violence domestique ( 4) et les infractions contre l'intégrité sexuelle ne fléchissent pas. Dans le domaine de la pornographie, l'OFS note même une hausse de 68%. Rien que dans le canton de Fribourg par exemple, les actes contre l'intégrité sexuelle ont bondi de 50%, ceux d'ordre sexuel avec des enfants de 109% et les contraintes sexuelles de 56%.

Selon le chef de la police judiciaire genevoise, François Schmutz, qui a vu ce type d'infractions augmenter de 14% dans son canton, on peut peut-être y voir «un phénomène de société. Les gens n'ont pas toujours conscience du degré pénal des images qui circulent sur Internet.»

Enfin, les escroqueries, ainsi que les extorsions et chantages ont également augmenté de façon notable, de respectivement 15% et 67%. Par contre, même si la hausse de la violence domestique paraît peut-être moins marquée ( 4%) à première vue, l'OFS rappelle que ces infractions ne sont souvent pas dénoncées et que ces chiffres doivent être considérés comme des valeurs minimales.

Cannabis toujours autant prisé

Sur l«ensemble des infractions enregistrées - soit 725'687, en recul de 3% - 79% relèvent notamment du code pénal, 13% de la loi sur les stupéfiants et 6% de la loi sur les étrangers. Les infractions à des lois cantonales et à la loi sur la circulation routière, ne sont pas comprises dans ces chiffres, précise l'OFS.

Contrairement aux délits relevant du code pénal, le nombre d'infractions à la loi sur les stupéfiants a continué sa progression ( 5%). Près de la moitié (47%) des délits concernent la consommation, en particulier celle de cannabis (plus des deux tiers), suivies des infractions de possession et de saisie avec 42%.

Même observation concernant les infractions à la loi sur les étrangers. Par rapport aux chiffres de 2012, ces délits ont connu une nouvelle hausse de 14% ( 15% en 2012). celle-ci est en particulier due, comme les années précédentes, à la progression des entrées illégales ou à des séjours non autorisés en Suisse, relève l'OFS.

Prudence de mise

La baisse des infractions pénales observée au niveau national a aussi été constatée dans les cantons romands. Hormis le canton du Jura, leur nombre a baissé dans le canton de Vaud, Fribourg, Genève, Berne, Neuchâtel et du Valais.

Même si Genève a réussi à faire diminuer la criminalité de 19% entre 2011 et 2013, la Fédération Suisse des Fonctionnaires de Police se montre prudente. Selon elle, la cité du bout du lac «reste une des régions les plus préoccupantes de Suisse, au même titre que les villes de Lausanne et Berne».

Les fonctionnaires de police saluent toutefois les efforts fournis par certains pouvoirs politiques et judiciaires. Ainsi, cela fait plusieurs années que le nombre de prévenus mineurs, ainsi que celui des jeunes adultes (18 à 25 ans) continue à décroître. Le total des infractions enregistrées chez les moins de dix-huit ans est ainsi en recul de 6,7%.

(ats)

La tendance à la baisse des infractions se confirme en 2012

La criminalité continue de reculer dans le canton de Genève. Le nombre d'infractions pénales a diminué de 11% en 2013, alors que la baisse était de 9% en 2012. En outre, la Ville de Genève passe du deuxième au troisième rang des villes les plus criminogènes de Suisse. En tenant compte du pic de 2011, le canton affiche la baisse de la criminalité la plus importante de Suisse: -19% sur deux ans, ce qui correspond à 37 infractions au code pénal de moins par jour. Avec 59'170 infractions en 2013, Genève a renoué avec le niveau de 2008, année de référence dans la manière de calculer, a commenté lundi devant les médias Monica Bonfanti. Dans le détail, la baisse la plus marquée a été relevée dans les infractions contre le patrimoine, qui ont représenté 81,5% de l'ensemble des infractions. Le recul de 12% enregistré en 2013 en matière de cambriolages et de vols est «véritablement le fruit de tout ce que nous avons mis en oeuvre», a souligné la cheffe de la police genevoise.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!