Lausanne: un détenu se pend avec sa ceinture
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Lausanne: un détenu se pend avec sa ceinture

Un Monténégrin de 25 ans s'est suicidé à la prison du Bois-Mermet à Lausanne. Il s'agit du troisième suicide de détenu dans une prison préventive dans le canton depuis le début de l'année.

Le chef du Département de l'intérieur Philippe Leuba a décidé d'interdire les ceintures en préventive dès le 1er mai.

Le personnel pénitentiaire a découvert le corps de l'homme sans vie dimanche vers 7h30, lors de la récupération des plateaux repas de la veille, a indiqué la police cantonale lundi dans un communiqué. Le jeune homme se trouvait seul dans sa cellule et souffrait de problèmes psychiatriques.

Cas lourd

L'homme était détenu préventivement notamment pour contrainte, séquestration et enlèvement aggravé, ainsi que prise d'otage. De plus, il faisait l'objet d'une procédure extraditionnelle en raison d'une tentative de meurtre commise dans son pays d'origine.

Les premières investigations ont permis d'écarter l'intervention d'un tiers. Le juge d'instruction de l'arrondissement de Lausanne a ouvert une enquête afin d'établir les causes de ce suicide.

Il s'agit du troisième suicide de détenu dans les trois prisons préventives du canton depuis le début de l'année, le second commis avec une ceinture. L'autre avait été accompli à l'aide d'un rideau de douche.

Politique nuancée

Après le premier acte désespéré effectué avec une ceinture, Philippe Leuba a consulté ses homologues latins sur leurs pratiques. Tous autorisent le port de la ceinture en préventive, en raison de la présomption d'innocence, à l'exception du Valais et du Tessin. Les condamnés à une peine ferme portent en revanche un uniforme fourni par l'établissement pénitentiaire.

Le conseiller d'Etat a décidé de suivre la politique tessinoise en la matière. Elle semble satisfaisante en matière de prévention du suicide, a-t-il expliqué à l'ATS. Le retrait des ceintures en préventive sera effectué dès le 1er mai, le temps d'adapter les procédures.

En revanche, M. Leuba estime disproportionné un retrait des câbles TV ou des rideaux de douche. Cette dernière mesure toucherait à l'intimité de la personne et rendrait la vie du détenu encore plus difficile, a-t-il souligné. (ats)

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