États-Unis - L’auteure de «Comment tuer son mari» jugée pour le meurtre… de son mari

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États-UnisL’auteure de «Comment tuer son mari» jugée pour le meurtre… de son mari

Soupçonnée d’avoir supprimé son époux en juin 2018, une romancière est jugée depuis lundi dans l’Oregon. En 2011, elle avait écrit un essai terriblement prémonitoire.

Nancy Crampton Brophy a plaidé non coupable.

Nancy Crampton Brophy a plaidé non coupable.

Bureau du shérif du comté de Multnomah

Chef cuisinier de 63 ans, Daniel Brophy se trouvait dans une cuisine de l’Institut culinaire de l’Oregon quand il a été tué par balle, en juin 2018. À cette période-là, le sexagénaire et sa femme rencontraient de sérieuses difficultés financières, peinant à payer leur hypothèque. Le couple avait été contraint de prélever 35’000 dollars de son seul compte pour rattraper ses paiements en retard, payer les rénovations de sa maison ou encore ses voyages.

Mais Nancy Crampton Brophy a dépensé la moitié de cet argent pour s’acheter un «pistolet fantôme», c’est-à-dire une arme non sérialisée et non traçable livrée en kit. Après avoir reçu sa commande en janvier 2018, la sexagénaire n’a pas réussi à l’assembler. Un mois plus tard, elle a donc acquis un nouveau pistolet et s’est mise à s’entraîner dans un stand de tir. Selon l’enregistrement d’une caméra de surveillance, Nancy a roulé jusqu’au lieu de travail de son mari le 7 juin 2018 vers 7 heures. Elle est rentrée chez elle une vingtaine de minutes plus tard, avant de retourner à l’institut plusieurs heures après.

À part la sexagénaire, aucun autre suspect n’a été identifié dans cette affaire, relève KPTV. La romancière, dont le procès s’est ouvert lundi, a plaidé non coupable. Au tribunal, les procureurs ont diffusé un enregistrement de Nancy datant de quatre jours après la mort de Daniel. Lors de cette conversation, la suspecte a demandé à un enquêteur d’écrire une lettre la disculpant spécifiquement de la mort de son époux afin qu’elle puisse toucher son assurance vie.

Lors de l’ouverture du procès, le procureur a tenté de se servir d’une ancienne œuvre de la romancière pour l’incriminer. En 2011, Nancy avait en effet publié sur son blog un essai intitulé «Comment tuer son mari». L’autrice y énumérait notamment les mobiles pouvant justifier un meurtre, y compris l’infidélité et les coûts d’un divorce. Le juge a toutefois estimé que cet élément ne constituait pas une preuve. «La valeur probante minimale d’un article écrit il y a si longtemps est largement surpassée par le risque de préjudice injuste et de confusion», a déclaré Christopher Ramras.

(joc)

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