Crise: Lavrov appelle Washington à se délester des «actifs toxiques» de l'ère Bush
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CriseLavrov appelle Washington à se délester des «actifs toxiques» de l'ère Bush

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a appelé jeudi les Etats-Unis à se débarrasser des «actifs toxiques» de l'administration Bush, citant notamment le bouclier antimissile et l'expansion de l'Otan.

«Les plans de la précédente administration américaine ont gravement affecté les intérêts de sécurité de la Russie», a déclaré M. Lavrov devant une centaine d'experts réunis au Carnegie Endowment for International Peace, un centre de recherche de Washington.«S'ils étaient mis en oeuvre, ils conduiraient inévitablement à une réponse de notre part», a ajouté M. Lavrov.Il a cité le projet de déploiement en Europe de l'Est d'un bouclier antimissile présenté comme étant dirigé contre l'Iran, l'expansion à l'Est de l'Otan qu'il a qualifiée de «fiévreuse» et «injustifiée» et les mesures de rétorsion de l'Otan après la crise en Géorgie d'août dernier.«Si nous sommes sérieux sur la nécessité de repartir d'un nouveau pied, nous devons nous débarrasser des actifs toxiques hérités de ces dernières années», a poursuivi le chef de la diplomatie russe.Interrogé sur la vente d'appareils de combat russes à l'Iran, que Washington a critiquée, M. Lavrov a souligné que l'armement russe vendu à l'Iran n'avait «jamais été utilisé contre aucun autre pays», contrairement aux équipements militaires américains vendus par l'administration Bush à son allié géorgien, le président Mikheïl Saakachvili, malgré les protestations de Moscou.Le ministre russe, dont les relations avec l'ex-secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice étaient notoirement exécrables, a révélé que celle-ci lui avait promis personnellement que ces armes ne seraient jamais utilisées contre la Russie.«Nos collègues américains nous ont dit que Saakachvili n'utiliserait jamais la force et que s'il le faisait, il pourrait oublier l'Otan. Pour être tout à fait transparent, c'est ce que Mme Rice m'a dit», a-t-il raconté.Il a précisé avoir rappelé cet échange à Mme Rice après l'offensive militaire russe d'août 2008 en Ossétie du Sud qui répondait à une opération armée du président géorgien pour tenter de reprendre le contrôle de cette région séparatrice. «Il n'y a pas eu de réponse», a-t-il dit.

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