Actualisé 21.08.2008 à 13:44

Nouvelle discipline«Le 10 km en eaux libres, tu frappes et tu cognes!»

Pour son entrée au programme olympique, l'épreuve du 10 km en eau libre a dévoilé ses secrets: pour s'en sortir, il faut que ça frotte, que ça cogne et que ça se voit le moins possible pour éviter de prendre un carton.

Voilà les quelques «principes» à respecter selon les saints marathoniens qui ont disputé jeudi la première course de l'Histoire des Jeux, sur le bassin du parc aquatique de Shunyi, où ils ont effectué quatre tours en un peu moins de deux heures.C'est au passage de la bouée que la bagarre a pris de l'ampleur.«C'est vraiment la foire. Tu te mets à nager sur les jambes de celui qui est devant et il y a celui qui est derrière qui te nage sur les jambes. Il faut éviter de prendre des coups de pieds sur les lunettes. Ca fait mal !», raconte Gilles Rondy, qui a terminé 15e de l'épreuve.Les nageurs se sont élancés tous ensemble d'un ponton pour former un peloton à l'instar d'une course cycliste. A chaque passage, ils sont ravitaillés en boissons énergisantes.«Ca frotte et ça cogne même. Il y en a qui attrapent les chevilles. C'est surtout des coups de coudes parce que tu es au niveau du coude du mec qui est devant. C'est rarement volontaire mais il y a toujours des mauvais joueurs qui donnent des coups», poursuit joyeusement Rondy qui associe chacune de ses courses à de «l'éclate».Sur des civièresSur les 25 nageurs en lice jeudi, le «pas vu, pas pris» a été de rigueur excepté pour le meilleur d'entre eux, le Russe Vladimir Dyatchin, qui s'est fait prendre comme un débutant.Le triple champion du monde a écopé d'un carton jaune puis d'un carton rouge pour mauvais comportement. Il a été disqualifié et l'argument du «ce n'est pas de ma faute, je ne voulais pas», n'a convaincu personne.«C'est la première fois de ma carrière que cela m'arrive, a tenté de plaider le maître de la distance. J'ai bataillé avec de nombreux athlètes autour de moi, je ne voulais pas les repousser.»La course est tellement intense qu'à l'arrivée, certains nageurs sont évacués sur des civières. Le Britannique David Davies, médaillé d'argent, a terminé l'épreuve de cette façon. Etrange course que celle de l'eau libre où une surprise peut venir à chaque coup de bras et qui force le respect par l'endurance, la ténacité et la petite part de folie de ses pratiquants.«Ceux qui n'ont jamais essayé nous considèrent comme des fous. Après, il y en a qui pensent qu'on est un peu les reliquats de la natation», souligne Rondy, un peu plus fou que les autres. Il aime traverser la Manche ou les grands lacs canadiens par une eau à 18 degrés.sc/jm (afp)

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