Actualisé 23.07.2014 à 20:43

Etat de Genève

Le «14e salaire» des cadres ne tient qu'à un fil

Instaurée en 2009, la prime accordée aux hauts fonctionnaires est remise en cause par les socialistes. Une majorité de députés se dégage pour voter son abrogation.

de
Didier Tischler Taillard
Pour Roger Deneys (PS), les efforts doivent être partagés.  tg

Pour Roger Deneys (PS), les efforts doivent être partagés. tg

«Il est scandaleux de couper dans presque toutes les subventions à but social au prétexte du manque d'argent. Si on doit faire des économies, il faut d'abord demander un effort à ceux qui en ont les moyens.» Dans une période où l'Etat de Genève doit se serrer la ceinture, le député socialiste Roger Deneys souhaite davantage de solidarité. C'est pourquoi il réclame la modification de la loi qui octroie ce qu'il appelle «le 14e salaire des cadres supérieurs»: une prime réservée aux très hauts fonctionnaires qui gagnent plus de 150'000 fr. par année.

En 2013, 329 employés du Canton de Genève ont bénéficié de cette majoration de 8,3% de leur salaire. Ce bonus, inscrit dans la loi sur la rémunération des fonctionnaires en 2009 à l'initiative du PLR, vise à «motiver les cadres supérieurs et à éviter de les voir partir dans le privé». Le supprimer ferait gagner quelque 6 millions à la collectivité, estime Roger Deneys.

Le socialiste n'est pas le seul à vouloir biffer cet avantage. Selon nos sources, Ensemble à Gauche, le Mouvement citoyens genevois et les Verts devraient soutenir sa démarche, soit une majorité de députés. «Le PS dit vouloir défendre les acquis de toute la fonction publique, mais il est finalement très sélectif, ironise le libéral-radical Ivan Slatkine. En supprimant ce 14e, cela va démotiver les cadres qui tiennent la baraque. Ce n'est vraiment pas le moment.» Le sujet sera débattu au Grand Conseil à la rentrée.

Les intéressés furieux

Les hauts fonctionnaires ont déjà fait part de leur inquiétude auprès des députés. Ils ont en effet été reçus par la commission ad hoc du personnel de lEtat, qui étudie le dossier. «Nous leur avons dit que lidée était un signal désastreux donné à nos membres, tempête Jacques Folly, président de lUnion des cadres de ladministration. Cela représenterait non seulement une sérieuse baisse de salaire, mais aussi une immense perte de motivation.»

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