Mobilité - Le 30 km/h en ville asphyxierait les transports publics
Publié

MobilitéLe 30 km/h en ville asphyxierait les transports publics

La réduction de la vitesse dans les cités rend les trams et les bus peu attrayants et augmente les coûts. L’association des transports publics tire la sonnette d’alarme.

Les zones 30 km/h en ville réduisent aussi la vitesse des bus et des trams.

Les zones 30 km/h en ville réduisent aussi la vitesse des bus et des trams.

DR

Les villes à majorité rose/verte prônent des réductions de vitesse. Non seulement pour le trafic automobile, mais également pour les transports en commun constate la «Schweiz am Wochenende». Pour Ueli Stückelberger, président de l’Union des transports publics (UTP), «il est clair que les transports publics deviendront moins attrayants avec une limitation générale de la vitesse à 30 km/h sur les principaux axes urbains. Si les transports publics deviennent plus lents, les gens les utilisent moins. Vous leur donnez une raison de reprendre le volant.» Le conseiller national Martin Candinas est également inquiet. Il est président de Litra, le service d’information sur les transports publics. «Malheureusement, les villes gouvernées par des majorités roses/vertes s’emploient à affaiblir les transports publics au profit des cyclomoteurs ou des vélos», lance-t-il. Cette évolution devient un problème. Car «si le bus ne va qu’à 30 km/h, on peut même aller plus vite avec un vélo électrique!» ajoute-t-il.

À Zurich où les socialistes et les Verts sont majoritaires, les places de parc se réduisent comme peau de chagrin et les zones 30 km/h se multiplient. Au profit de pistes cyclables. Et la société qui gère les transports publics se plaint déjà de devoir rajouter des bus et des trams pour respecter la cadence. Ce qui va générer des coûts.

L’optimisation des transports publics est possible

Markus Knauss, de l’Association Transports et Environnement (ATE), section de Zurich, et élu Vert, ne comprend pas les préoccupations des entreprises de transport. Avec des voies de bus séparées, une synchronisation optimisée des signaux lumineux ou d’autres mesures qui permettraient aux véhicules de transport public de mieux négocier les intersections, le politicien estime que «le 30 km/h semble possible dans de nombreux endroits sans trop de perte de temps pour les transports publics».

Un autre argument pour la création de zones 30 km/h: la réduction du bruit. C’est ce que les autorités prétendent toujours. Thomas Hurter, conseiller national UDC et président de l'Automobile Club de Suisse, souligne que le nombre de véhicules à propulsion électrique est en forte augmentation. Ils sont si silencieux sur la route que les constructeurs sont obligés de produire un peu de bruit dès le 1er juillet. L’objectif est d’empêcher les piétons de traverser la route devant des voitures pratiquement silencieuses.

(jbm)

Ton opinion