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Monthey (VS)Le banquier enjolivait les comptes et puisait dedans

En dix ans, l'employé d'UBS a soutiré 800'000 francs des avoirs de ses clients. Il était jugé mercredi pour escroquerie par métier.

par
Christian Humbert
Le prévenu laissait de grosses sommes dans des clubs où il fréquentait des prostituées, lors de de ses nuits d'ivresse.

Le prévenu laissait de grosses sommes dans des clubs où il fréquentait des prostituées, lors de de ses nuits d'ivresse.

iStock / image prétexte

Son salaire annuel de 130'000 francs ne lui suffisait pas. Un gérant de fortune d'UBS a profité de l'absence de contrôles au sein de la banque pour détourner environ 80'000 francs par an des comptes de trois clients. Le manège a duré entre 2001 et 2011.

Alcoolique, le Valaisan a claqué 260'000 francs avec des prostituées dans des boîtes de nuit. Il y laissait jusqu'à 1500 francs par soir d'ivresse. Avec l'argent ponctionné, il a aussi amorti sa dette hypothécaire, payé ses impôts, acheté une voiture et financé la construction du chalet de son ex-femme.

Il a dit «regretter» ses «bêtises»

Le quinquagénaire, qui gérait les 200 millions de francs de 200 clients, a aussi manipulé des comptes sans se servir, juste pour enjoliver la situation. Il a profité du fait que plusieurs étrangers ne recevaient pas de décompte pour ponctionner parfois jusqu'à 900'000 francs chez l'un et les redistribuer à d'autres. Des clients se sont ainsi retrouvés à disposer de sommes énormes, quand d'autres étaient à sec. Ce sont au total 3 millions de francs qui ont transité d'un compte à un autre avant que les lésés et l'UBS ne s'en aperçoivent, dix ans plus tard. «Je reconnais avoir fait des bêtises. Je regrette. Je vais rembourser dans la mesure où je peux le faire. Je suis soulagé», avait dit le banquier avant d'être viré.

L'UBS n'était pas présente mercredi au procès à Monthey (VS): un accord financier confidentiel avait été signé à la veille de l'audience. L'établissement a aussi trouvé des arrangements avec ses clients. Seul un d'entre eux, insatisfait, était présent au tribunal. Il a estimé sa perte à 1,8 million de francs, montant contesté par l'UBS.

Peine ferme requise

Le procureur Jean-Pierre Greter a requis 30 mois de prison, dont 6 fermes, pour escroquerie par métier. Une qualification contestée par l'avocat du prévenu, Me Fernand Mariétan, qui espère une peine avec sursis complet compte tenu du temps qui s'est écoulé depuis les faits. Trois procureurs se sont en effet tour à tour penchés sur ce dossier sept ans durant.

Le jugement sera transmis aux parties. 

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