Vatican: Le baptême pour tous, «même les Martiens»
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VaticanLe baptême pour tous, «même les Martiens»

Même «les hommes verts au long nez et aux grandes oreilles, les Martiens» ont le droit d'être baptisés, a affirmé lundi le pape François, invitant les prêtres à ne pas mettre d'obstacles au baptême.

Les chrétiens ne peuvent «fermer la porte» à tous ceux qui frappent et leur refuser le baptême, même s'il s'agit d'hommes «verts, au long nez et aux grandes oreilles, comme les dessinent les enfants», a-t-il dit avec humour, selon ses propos qui sont rapportés par Radio Vatican.

Evoquant les réticences initiales de l'apôtre Pierre à baptiser les non-juifs, le pape a invité à ne pas mettre «d'obstacles» à l'action de Dieu.

«Si demain, par exemple, une expédition de Martiens arrivait et certains se présentaient chez nous (...), et si l'un d'entre eux disaient: Mais moi, je veux le baptême!, que se passerait-il?», a lancé le pape argentin.

Cette image vient s'ajouter aux «chauves-souris», «piments au vinaigre», «statues de musée», «baby-sitters», «chrétiens de pâtisserie»... Au fil des jours, un véritable florilège d'expressions et de formules dessine de manière colorée la pensée du nouveau pape.

Le pape s'est souvent prononcé pour que le baptême ne soit pas refusé, notamment à des enfants dont les parents se sont pas «en règle» avec l'Eglise, par exemple quand ils vivent maritalement.

Le pape reconnaît qu'il ne se ménage pas assez

Le pape François a reconnu lundi devant des prêtres qu'il n'était pas un modèle à suivre quant à l'organisation et la charge de travail et que se «fatiguer inconsidérément» pouvait finir par «se payer cher».

Le pape argentin, âgé de 77 ans, recevait des prêtres et des séminaristes en formation dans la grande salle Paul VI au Vatican, et leur a répondu sans notes pendant une heure et demie, avec verve et humour.

A un prêtre camerounais qui lui demandait comment concilier les multiples exigences d'une vie de prêtre, Jorge Bergoglio a évoqué en ironisant sur lui-même, l'emploi du temps rigoureux qu'il se fixait entre prières, messe, travail, petite sieste, déjeuner, dîner, pour aussitôt lui expliquer qu'il n'observait guère ces règles.

«Pas de sieste»

«On ne peut pas tout faire. Je me laisse entraîner par des exigences pas très prudentes. J'ai peur que si je ne fais pas telle chose aujourd'hui, je ne la ferai pas demain! Alors pas de sieste (....) et là il faut être vigilant», a estimé François.

«Vous dans les diocèses, il vous arrivera ce qui m'arrive à moi. Le travail, la prière, un peu de temps pour se reposer, sortir de la maison, marcher un peu, tout cela est important...Et vous devez veiller à vous fixer des règles».

Il est bon, a-t-il dit, de «finir la journée fatigué, pas d'avoir besoin de prendre des médicaments. Finir avec la fatigue mais avec une bonne fatigue, et non pas avec une fatigue excessive, parce que cela nuit à la santé, et à la longue, ça coûte cher».

«C'est l'idéal, mais je ne le fais pas toujours parce que je suis un pécheur moi aussi, je ne suis pas toujours discipliné», a-t-il admis.

Le pape François ne prend jamais de vraies vacances depuis qu'il a été élu pape en mars 2013. Il reçoit et rencontre énormément de monde. Vigoureux, énergique, mais à la santé fragile notamment sur le plan pulmonaire, il se lève avant cinq heures du matin et se couche tôt. A certains observateurs, il semble un homme pressé, comme s'il savait qu'il n'avait pas beaucoup d'années devant lui pour réformer l'Eglise.

(afp)

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