Actualisé 13.02.2009 à 17:13

Janka champion du monde de géant

«Le baron c'est Carlo ici!»

Vainqueur en décembre du géant de Coupe du monde de Val d'Isère sur la piste Bellevarde, Carlo Janka a récidivé cet après-midi. Il s'est adjugé le titre de champion du monde de la discipline.

de
Marc Fragnière, Val d’Isère

Auteur d'une première manche de feu, «Iceman» a candidement résisté à la pression, lors de la finale. Coupable d'une faute à mi-parcours, il ne s'est pas emballé : «lorsque j'ai commis cette erreur, je n'ai pas tout de suite réagi. 3-4 portes plus loin, j'ai pensé qu'il fallait laisser aller les skis et attaquer… Et c'est ce que j'ai fait», expliquait le Grison.

«La déclivité de la pente, la piste, le traçage, tout me convient parfaitement ici. C'est exactement les conditions qui se marient à ma façon de skier», convenait-il après son exploit. «J'avais un programme et tout s'est parfaitement déroulé selon le plan établi», ajoutait-il, sans laisser échapper la moindre émotion.

Janka impressionne. De par son calme olympien et sa maîtrise complète de tous les paramètres inhérents à la vie de compétiteur, le coureur alémanique laisse pantois ses interlocuteurs. «Je suis tranquille, relax et très calme. Je crois que le surnom « Iceman » me va bien», concédait-il. A coup sûr, ce sont ces caractéristiques qui lui ont permis, à 22 ans, de décrocher la timbale en géant et le bronze en descente.

«Entre les deux manches, je suis retourné à l'hôtel. J'ai un peu mangé et je me suis couché. Mais je ne me suis pas endormi. Je n'ai ressenti aucune pression», expliquait-il. Il se montrait beaucoup moins machinal à l'heure d'évoquer l'état de santé de son pote Daniel Albrecht : «Les excellentes nouvelles reçues concernant l'état de Daniel Albrecht ont fonctionné comme une piqûre de motivation supplémentaire. Cette médaille est aussi pour lui et on se réjouit tous de le voir très vite sur la Coupe du monde», se réjouissait-il.

Réactions :

Didier Cuche, 6e: «Janka est un très bon slalomeur, il est rapide dans les pieds et il avait déjà gagné en décembre sur cette piste. A cette occasion, sa prestation m'avait laissé bouche bée. Auteur d'une première 1re manche extraordinaire, il n'a pas subi l'incroyable pression qui pesait sur ces épaules au départ de la 2e. Il a fait une démonstration. Avec les skis de géant, le baron c'est Carlo ici».

Marc Berthod, 10e: «Après son succès ici en décembre, il réalise l'exploit de récidiver. C'est grandiose. C'est vraiment génial pour Carlo».

Patrice Morisod, entraîneur du groupe de vitesse: «On savait qu'il était extrêmement à l'aise sur cette piste. En 1re manche, il a profité de son excellent numéro de dossard (n.d.l.r. : n° 2) pour faire un temps fantastique. Sur le 2e tracé, après sa faute, il a su se reprendre et rester calme. Hier on l'a vu tellement sourire lorsqu'il a appris les bonnes nouvelles concernant Dani (n.d.l.r. : Albrecht) que pour lui aujourd'hui, c'est une double victoire. Ca l'a vraiment soulagé de savoir que Dani pouvait s'asseoir sur son lit et un peu parler. Il a été d'une décontraction ahurissante. A son âge, parvenir à maîtriser ses nerfs d'une telle façon, c'est la marque d'un tout grand».

Martin Rufener, chef des hommes:

«C'est fantastique ! On savait qu'on était parmi les meilleures équipes en géant, mais aux Championnats du monde, les règles sont différentes. Il s'agit d'une guerre autour des médailles et aujourd'hui Carlo a été le plus fort. Après son succès en décembre ici, il a démontré que sous pression, il était le meilleur. Ce garçon est très talentueux. La justesse de son ski, sa vitesse et son mental font de lui un supertalent».

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