Actualisé 02.03.2016 à 21:24

IrakLe barrage maudit met en péril 1 million de vies

Bagdad a mandaté une firme italienne pour colmater d'urgence un ouvrage situé non loin des lignes jihadistes. Le temps presse.

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photo: Reuters

Une vague de 20m qui déferle sur la plaine du Tigre: c'est le scénario catastrophe que les Irakiens redoutent. Le barrage de Mossoul (nord-ouest) montre des signes de faiblesse alarmants. Mercredi, l'Exécutif a annoncé un contrat de 300 millions de francs avec une firme italienne pour son renforcement d'urgence. Le temps presse: dès avril, le réservoir atteindra sa capacité maximale.

Depuis son inauguration, en 1986, l'ouvrage fuit dangereusement. Ses concepteurs avaient sous-estimé la porosité du sol. D'énormes quantités de ciment doivent y être injectées continuellement. La situation s'est détériorée avec la guerre. Le site a été occupé plusieurs semaines par l'organisation Etat islamique, en 2014. Les travaux de colmatage, déjà insuffisants, ont été stoppés. «Les machines ont été pillées, il n'y a plus rien à faire, sinon serrer les dents», soupire Nasrat Adamo, ex-responsable de l'installation aujourd'hui réfugié en Europe, interrogé par «The Guardian».

Plans d'urgence «ridicules»

L'ingénieur qualifie de «ridicules» les plans d'urgence prévus par le gouvernement en cas de rupture du barrage. Mossoul, métropole tenue par les jihadistes, serait submergée en quatre heures, Bagdad et les plaines du sud seraient touchés quarante heures plus tard. Un million de personnes pourraient mourir noyées ou piétinées dans la panique, selon Adamo. Les autorités se sont contentées de recommander à la population de s'écarter de 6km des rives du fleuve en cas de rupture du barrage.

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