Yverdon (VD): Beau-papa condamné pour abus et maman, pour n’avoir pas réagi

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Yverdon-les-Bains (VD)Le beau-père condamné pour abus et la mère pour n’avoir pas réagi

Reconnu coupable d’actes d’ordre sexuel et de tentative de viol sur la fille de son ex-compagne, un Vaudois de 27 ans a écopé lundi de 5 ans de prison.

par
Lauren von Beust
D’après l’acte d’accusation, les abus se seraient déroulés entre 2017 et 2018.

D’après l’acte d’accusation, les abus se seraient déroulés entre 2017 et 2018.

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Il était accusé d’avoir forcé sa belle-fille à subir toutes sortes d’obscénités entre 2017 et 2018, au domicile qu’il partageait avec l’enfant, alors âgée de 4 à 5 ans, et sa mère. Lundi, ce Vaudois de 27 ans a été reconnu coupable d’actes d’ordre sexuel avec des enfants, contrainte sexuelle, tentative de viol et violation du devoir d’assistance ou d’éducation.

Il a été condamné à 5 ans de prison par le Tribunal d’Yverdon (VD). Une interdiction d’exercer toute activité professionnelle ou non professionnelle impliquant des contacts réguliers avec des mineurs, pour une durée de 10 ans, a également été prononcée. «Il est clair qu’on va faire appel de ce jugement. C’est surprenant que des arguments saillants de la défense n’aient pas été évoqués dans le jugement. Le tribunal a jugé crédibles les déclarations de l’enfant, alors même que des constatations médicales les contredisent en partie», a réagi Me Patrick Michod, défenseur du prévenu.

Mère aussi condamnée

La mère, poursuivie pour n’avoir pas défendu sa fille, a écopé de 20 mois de prison avec 2 ans de sursis, pour violation du devoir d’assistance ou d’éducation. «Ma cliente le reconnaît: elle a fauté, même si elle n’en a jamais eu l’intention. Mais cette peine est sévère, sinon infondée», déclare son avocat, Me Antoine Golano (lire encadré). De son côté, aucune décision n’a été prise quant à un éventuel appel. «Je crois que ma cliente veut se tourner vers l’avenir», ajoute-t-il.

La mère et le beau-père de l’enfant devront respectivement lui verser 10’000 et 30’000 francs pour réparation du tort moral. «C’est un soulagement que la petite ait été crue, a confié à son tour Me Manuela Ryter Godel, curatrice et avocate de la fillette. Trois vies sont brisées, et je ne sais pas si l’enfant, elle, s’en remettra.» Cette dernière, aujourd’hui âgée de 10 ans, devrait retourner vivre chez sa mère en fin d’année.

L’avocat dénonce un «aléa judiciaire»

Cette affaire aurait dû être jugée en novembre 2020, mais la cause avait été renvoyée pour complément d’instruction. «Lors de la première audience, ma cliente n’était pas prévenue. Interrogée sur son absence de réaction aux révélations de sa fille, ses réponses, pourtant identiques à celles données en cours d’instruction, n’ont pas convenu. Elle est alors passée de plaignante à prévenue, et maintenant coupable, alors qu’il n’y a pas eu d’éléments nouveaux. De ce point de vue là, la sentence actuelle est dérangeante», déclare Me Antoine Golano, qui dénonce un «aléa judiciaire».

Soupçon de maltraitance ou d’abus sur un enfant?

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