Affaire UBS: Le bénéfice des actions s'élèvera à un milliard
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Affaire UBSLe bénéfice des actions s'élèvera à un milliard

La vente des actions provenant de l'emprunt obligataire convertible souscrit par la Confédération pour sauver l'UBS l'automne passé rapportera une plus-value d'un milliard de francs à l'Etat fédéral.

L'opération de placement sera achevée jeudi à la mi-journée.

Avec un cours de clôture de 16,74 francs mercredi, les 332,2 millions d'actions en jeu représentent un montant de 5,56 milliards de francs. Par ailleurs, la revente à la banque des coupons restants de l'emprunt à conversion obligatoire générera une somme de 1,8 milliard de francs.

Au total, la caisse fédérale pourrait potentiellement recevoir quelque 7,36 milliards de francs. Reste qu'au vu de l'ampleur du placement, le paquet d'actions devrait trouver preneurs à un montant légèrement inférieur.

Il est toutefois réaliste d'envisager une somme supérieure à 7 milliards de francs, a précisé jeudi à l'ATS Urs Eggenberger, directeur de la Trésorie de la Confédération. Pour mémoire, l'Etat fédéral avait engagé 6 milliards de francs pour venir en aide à une UBS aux abois en octobre 2008.

Intérêt manifesté

Le placement des actions UBS de la Confédération suscite un vif intérêt, selon Urs Eggenberger, directeur de la Trésorerie de la Confédération. Des dizaines d'investisseurs institutionnels, suisses et étrangers, veulent acquérir des titres de la banque.

La procédure est tout ce qu'il y a de plus classique, a précisé jeudi à l'ATS Urs Eggenberger. Elle s'appuie sur un livre d'ordres d'achat des titres (bookbuilding en anglais). La concrétisation technique du placement, soit les actions et les coupons obligataires, devrait intervenir mardi prochain.

Moment mal choisi

Le Parti socialiste (PS) juge totalement inopportun le moment retenu pour vendre la participation de la Confédération dans l'UBS. Trop tôt, a commenté jeudi son président Christian Levrat, pour qui la situation de la banque n'est pas encore stable.

Aux yeux du Fribourgeois, l'UBS représente toujours un risque systémique majeur pour le système financier suisse. La décision du Conseil fédéral de sortir maintenant est aux confins de l'irresponsabilité, a indiqué à l'ATS Christian Levrat.

Malgré l'accord signé mercredi pour régler le litige fiscal aux Etats-Unis, l'UBS devra encore affronter les problèmes dans ce dossier durant un an. «Une situation qui pourrait apporter de nouvelles difficultés.»

Au-delà, le PS regrette le fait que l'Etat fédéral n'aura pas pris une influence directe dans la banque. Christian Levrat pense ici au nouveau modèle d'affaires que la banque doit mettre en place après le réglement des problèmes outre-Atlantique ainsi qu'aux questions de bonus et de salaires.

(ats)

Ouverture en hausse

L'action UBS a ouvert en hausse de 2,15% jeudi.

Elle réagit favorablement au double événement survenu la veille, à savoir la signature de l'accord entre Washington et Berne pour régler le litige fiscal aux Etats-Unis et la vente des actions de la Confédération.

Vers 9h10, l'action UBS s'appréciait encore de 1,5% pour s'échanger à 17 francs tout rond, après avoir clôturé en recul de 0,95% mercredi à 16,74 francs. L'indice des valeurs vedettes, le Swiss Market Index (SMI), prenait au même moment près de 1% pour repasser au-dessus des 6000 points (6035 environ).

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