Actualisé 26.07.2020 à 05:48

Incendie de la cathédrale de Nantes

Le bénévole est passé aux aveux

Le servant d’autel qui avait été interpellé suite à l’incendie de la cathédrale a été placé en détention provisoire dans la nuit de samedi à dimanche après avoir reconnu les faits.

L’incendie de la cathédrale de Nantes est survenu le 18 juillet, soit un peu plus d’un an après celui à Notre-Dame de Paris.

L’incendie de la cathédrale de Nantes est survenu le 18 juillet, soit un peu plus d’un an après celui à Notre-Dame de Paris.

KEYSTONE/AP

Une semaine après l’incendie dans la cathédrale de Nantes, dans l'ouest de la France, un bénévole rwandais du diocèse est passé aux aveux et a été placé en détention provisoire dans la nuit de samedi à dimanche pour «destructions et dégradations par incendie».

Le suspect, âgé de 39 ans, est «soulagé», «apeuré» et «dépassé», a déclaré dimanche son avocat Quentin Chabert aux journalistes. Il «a reconnu avoir allumé les trois feux dans la cathédrale: sur le grand orgue, le petit orgue et dans un panneau électrique», avait précisé plus tôt le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès.

Chargé de fermer cet édifice la veille de l’incendie, il a été mis en examen des «chefs de destructions et dégradations par incendie et placé en détention provisoire», selon le procureur. Il «faisait l’objet d’une obligation de quitter le territoire délivrée en novembre 2019», a expliqué Pierre Sennès dimanche. Une expertise psychiatrique sera ordonnée.

«Désarmé et désolé»

Le recteur de la cathédrale, le père Hubert Champenois, avait expliqué la semaine dernière que le bénévole était un «Rwandais, venu se réfugier en France il y a quelques années». «Ce qu’il a fait (…) c’est dramatique pour tout le monde», a-t-il affirmé dimanche.

«Au service de la cathédrale» depuis quatre ans, le bénévole a «certainement été marqué par les événements qui ont marqué son pays», a ajouté le père Champenois. «Quand quelqu’un disjoncte, c’est à l’étonnement de tout le monde», a-t-il souligné, se disant «désarmé» et «désolé devant l’événement».

Le bénévole avait été placé en garde à vue le 18 juillet quelques heures après le sinistre, puis remis en liberté le lendemain soir. Les enquêteurs souhaitaient l’interroger car aucune trace d’effraction n’avait été constatée.

Il a été de nouveau interpellé et placé en garde à vue samedi matin, puis présenté dans la soirée au parquet. Il encourt «une peine de 10 ans d’emprisonnement et 150’000 euros d’amende» (environ 160’000 francs), a précisé le procureur.

Grand orgue détruit

L’alerte avait été donnée le 18 juillet vers 07h45 par des passants qui avaient vu des flammes sortant de l’édifice. Il avait fallu environ deux heures aux sapeurs-pompiers pour circonscrire le feu.

L’incendie a notamment détruit un tableau d’Hippolyte Flandrin du XIXe siècle et le grand orgue. L’État «prendra toute sa part» dans la reconstruction, a promis le Premier ministre Jean Castex.

L’incendie, survenu 15 mois après celui de Notre-Dame de Paris, a suscité une vive émotion chez les Nantais, dont certains ont conservé le souvenir d’un précédent incendie de leur cathédrale, le 28 janvier 1972.

(ATS/NXP)

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