Actualisé 26.07.2012 à 14:21

Tunisie - Sidi Bouzid

Le berceau de la révolution s'embrase encore

Des dizaines de manifestants ont attaqué jeudi le gouvernorat de Sidi Bouzid, berceau de la révolte tunisienne. La police a procédé à des tirs de sommation et de gaz lacrymogènes pour les disperser.

Des habitants protestaient contre leur situation sociale. Ils se sont rassemblés et ont mis le feu à un pneu avant de le jeter à l'intérieur des locaux de la préfecture. Des agents de la sécurité ont riposté avec des tirs de sommation et de grenades lacrymogènes pour disperser les protestataires. Le ministère de l'Intérieur a confirmé les violences mais démenti que la police ait procédé à des tirs de sommation.

«Voici de nouveau la police de Ben Ali», ont crié les manifestants. Ils faisaient référence au président déchu Zine El Abidine Ben Ali, chassé en janvier 2011 par une révolte populaire entamée suite à l'immolation d'un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, à Sidi Bouzid.

Siège d'Ennahda attaqué

Les protestataires ont aussi tenté d'incendier le local du parti islamiste (Ennahda) qui dirige le gouvernement. Certains ont cassé la porte d'entrée et saccagé les bureaux situés dans un immeuble du centre-ville.

Un porte-parole d'Ennahda a déploré la mise à sac des locaux du parti et accusé «un groupe des manifestants téléguidés par des partis politiques», sans toutefois nommer ces partis.

Des sources syndicales locales ont recensé plus d'un millier de manifestants, mais le ministère de l'Intérieur a estimé leur nombre à quelque 150 personnes, des travailleurs journaliers exigeant le règlement de leurs salaires.

Le calme a été rétabli, a affirmé le ministère de l'Intérieur. Aucun blessé n'a été signalé dans les rangs des manifestants ni parmi les forces de police qui étaient appuyées par des unités de l'armée, selon le correspondant de l'AFP. (ats)

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