Affaire Breivik: «Le bilan aurait pu être moins lourd, pardon»
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Affaire Breivik«Le bilan aurait pu être moins lourd, pardon»

Le Premier ministre norvégien a présenté des excuses au Parlement mardi pour les erreurs commises par les autorités dans la gestion des attaques qui ont fait 77 morts.

«Je présente des excuses», a déclaré le Premier ministre, Jens Stoltenberg.

«Je présente des excuses», a déclaré le Premier ministre, Jens Stoltenberg.

Le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg, critiqué pour l'impréparation du pays face aux attaques perpétrées l'an dernier par l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik, a exprimé ses regrets mardi et promis des mesures pour doper la sécurité. Mais il a implicitement exclu une démission.

Devant le Parlement réuni à sa demande en session extraordinaire, M. Stoltenberg a répondu aux critiques d'une commission indépendante qui avait conclu dans un rapport que l'attentat à la bombe à Oslo aurait pu être évité et son auteur arrêté plus tôt, ce qui aurait allégé le bilan de 77 morts.

«Grubbegata (la rue longeant les ministères, NDLR) aurait dû être fermée, elle ne l'était pas. Le tueur aurait pu être arrêté plus tôt, il ne l'a pas été. Plusieurs mesures de sécurité auraient dû être mises en oeuvre, cela n'a pas eu lieu», a reconnu le responsable travailliste. «Je le regrette», a-t-il dit, répétant des propos déjà tenus dans le passé.

Sous pression depuis la publication du rapport qui a entamé la popularité dont il a bénéficié pour sa réponse à la tragédie, M. Stoltenberg a de nouveau implicitement exclu une démission, soulignant que sa responsabilité était de mettre en oeuvre les recommandations de la commission.

Priorité aux mesures de sécurité

Estimant que la tâche principale était maintenant d'améliorer la sécurité, il a déclaré: «j'ai l'intention de le faire».

Le Premier ministre a ainsi annoncé plusieurs mesures censées corriger les erreurs du passé, dont la création d'un centre d'intervention de la police à Oslo regroupant son unité d'élite, ses hélicoptères - qui avaient fait défaut le 22 juillet 2011 - et ses équipes cynophiles.

La coopération entre l'armée et la police en temps de crise sera aussi renforcée, les exercices seront multipliés, leurs enseignements mieux appliqués, et les cibles potentielles d'attentats mieux protégées, a-t-il dit.

La ministre de la Justice, Grete Faremo, a elle aussi promis des mesures allant de la sensibilisation des administrations aux questions de sécurité, à l'amélioration des moyens informatiques et de communication de la police.

Apathie dénoncée

Dans son rapport, cinglant, publié le 13 août, la commission mise en place par le gouvernement avait éreinté la réponse des autorités à l'attentat à la bombe et à la fusillade sur l'île d'Utoeya perpétrés le 22 juillet 2011 par Breivik.

Elle avait notamment pointé l'apathie, jusqu'au plus haut niveau de l'Etat, qui avait empêché de fermer une partie du quartier à la circulation comme préconisé depuis 2004. Les manques et erreurs mis en lumière par ses 10 membres ont sans doute coûté de précieuses vies.

Après le rapport, le tabloïde Verdens Gang (VG), principal tirage de la presse norvégienne, avait lancé le débat en l'appelant à assumer ses responsabilités et à démissionner.

Pression de l'opposition

A un an des prochaines législatives, l'opposition de droite entend, elle, maintenir la pression sur le gouvernement et se réserve la possibilité de déposer une motion de défiance, laquelle serait toutefois symbolique puisque la coalition de centre gauche est majoritaire au Parlement.

Breivik a été condamné vendredi à la peine maximale, soit 21 ans de prison avec possibilité de prolonger sa détention indéfiniment tant qu'il est considéré comme dangereux. (ats/ap)

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