Turquie: Le bilan de l'attentat s'alourdit à quatre morts

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TurquieLe bilan de l'attentat s'alourdit à quatre morts

L'attaque survenue mercredi a coûté la vie à deux policiers et deux civils. Celle de la veille avait fait onze victimes.

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Un nouvel attentat a frappé le sud-est de la Turquie ce mercredi 8 juin 2016.

Un nouvel attentat a frappé le sud-est de la Turquie ce mercredi 8 juin 2016.

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Le président Erdogan a annoncé, quelques heures après l'explosion survenue à Istanbul, que quatre suspects avaient été arrêtés. (7 juin 2016)

Le président Erdogan a annoncé, quelques heures après l'explosion survenue à Istanbul, que quatre suspects avaient été arrêtés. (7 juin 2016)

AFP
Le président Erdogan visite les blessés à l'hôpital. (7 juin 2016)

Le président Erdogan visite les blessés à l'hôpital. (7 juin 2016)

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Quatre personnes ont été tuées et 30 autres blessées, mercredi, dans une une nouvelle attaque à la voiture piégée en Turquie. Elle a visé le siège de la police à Midyat, près de la frontière syrienne, au lendemain d'un attentat meurtrier à Istanbul.

Ces deux attentats, attribués aux rebelles kurdes, surviennent peu avant le début de la haute saison pour l'industrie du tourisme, secteur stratégique de l'économie turque. Celle-ci est déjà durement frappée par la série d'attaques qui ont secoué cette année la Turquie, en état d'alerte maximal.

Selon le Premier ministre turc Binali Yildirim, un policier et deux civils ont été tués mercredi par l'explosion d'un véhicule bourré d'explosifs devant le quartier général de la sûreté de Midyat, dans le sud-est à majorité kurde du pays. «L'auteur de cette attaque est l'organisation meurtrière PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan)», a déclaré Binali Yildirim.

Le bilan a ensuite été porté à quatre morts, après le décès d'une policière blessée dans l'hôpital où elle était soignée, selon l'agence de presse progouvernementale Anatolie. Elle a précisé que la victime était enceinte.

Façade du bâtiment éventrée

Selon CNN-Türk, un véhicule bourré d'explosifs a tenté de forcer un barrage de sécurité devant le poste de police et des policiers en faction ont ouvert le feu sur le chauffeur. Celui-ci aurait alors actionné la charge.

«Heureusement, les mesures de sécurité ont permis d'éviter un bilan encore plus lourd», a déclaré le Premier ministre turc, évoquant «une très grosse charge d'explosifs». La puissante déflagration a éventré la façade du bâtiment de plusieurs étages de la police, selon les images diffusées par les chaînes d'informations turques.

Onze morts à Istanbul

Cette nouvelle attaque est survenue alors que la très grande majorité des quotidiens turcs consacraient mercredi leur Une à l'attentat commis la veille à Istanbul, oscillant entre douleur et esprit de vengeance. «Nouvelle embuscade perfide», déplorait «Hürriyet»; «Nous leur ferons payer», jurait «Sabah».

Mardi, l'explosion d'une voiture piégée au passage d'un car de la police avait fait 11 morts, dont 6 policiers, dans le quartier de Beyazit, secteur très fréquenté d'Istanbul. Des bâches et des drapeaux turcs ont été accrochés aux bâtiments pour masquer les dégâts, tandis que des commerçants du quartier balayaient devant leur boutique, a constaté mercredi une journaliste de l'AFP.

Le PKK a repris la lutte armée contre le pouvoir central turc l'été dernier, après l'échec de deux ans de discussions de paix avec Ankara. Le conflit kurde a fait plus de 40'000 morts depuis 1984.

Immunité parlementaire levée

Mardi soir, le chef de l'Etat turc a promulgué une réforme constitutionnelle controversée supprimant l'immunité pour les parlementaires. Elle expose des dizaines de députés prokurdes à des poursuites judiciaires, notamment pour «propagande terroriste».

Le Parlement turc a voté le 20 mai ce texte du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur, au pouvoir). Les élus du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) y voient une manoeuvre du gouvernement pour l'évincer du Parlement, où il constitue actuellement la troisième force.

Recep Tayyip Erdogan accuse le HDP d'être la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré par Ankara et bon nombre de pays comme une organisation terroriste. A ce jour, sans leur immunité, 138 députés sur 550, de tous les partis représentés au parlement sont exposés à des poursuites judiciaires. Parmi eux, 50 élus sur 59 du HDP. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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