Drame au Québec: Le bilan de l'explosion s'alourdit encore

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Drame au QuébecLe bilan de l'explosion s'alourdit encore

Cinq personnes sont mortes et au moins quarante autres manquent toujours à l'appel près de 36 heures après la gigantesque explosion de wagons-citernes qui a dévasté samedi la petite ville de Lac-Mégantic, au Québec.

«Deux autres corps ont été découverts, ce qui porte à cinq le nombre de personnes retrouvées dans les décombres», a déclaré un porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ, la police provinciale, NDLR), Michel Brunet.

«Il y a au moins 40 personnes qui manquent à l'appel», a-t-il ajouté. «Ce sera une catastrophe, on le sait», a dit de son côté sur Radio-Canada Maurice Bernier, préfet de la région de Lac-Mégantic, ville de 6000 habitants à 250 km à l'est de Montréal.

Un convoi de 72 wagons-citernes de la compagnie américaine The Montreal, Maine & Atlantic a déraillé en grande partie et explosé dans la nuit de vendredi à samedi.

Bilan des disparus à la baisse

Un pompier revenu du site du brasier, qui a requis l'anonymat, avait évoqué samedi soir le nombre de 80 disparus après le déraillement intervenu vers 01h20 (07h20 en Suisse) dans la nuit de vendredi à samedi.

L'incendie faisait toujours rage dimanche matin. «On ne s'avance pas sur un chiffre» de victimes, a dit le porte-parole de la SQ, expliquant que «tant et aussi longtemps que l'incendie est en cours, il y a des endroits auxquels on n'a pas accès».

«Train-fantôme»

Le convoi devait se rendre sur la côte atlantique, dans le port de Saint-John (Nouveau-Brunswick). Chaque wagon-citerne transportait 113'000 litres de pétrole brut du Dakota du Nord vers l'est du Canada.

Son ultime destination a été la rue principale de cette petite ville aux confins des montagnes des Appalaches, rasant tout sur 2 kilomètres carrés.

Choqués, à l'affût des moindres détails qui pourraient rassurer, les habitants se pressent derrière les barrages de police. Et alimentent les rumeurs sur ce «train-fantôme».

«Il n'y avait pas de chauffeur, c'était un train téléguidé», affirme notamment un jeune homme à ses amis rassemblés devant une petite épicerie au nom providentiel de «Point d'aide, votre dépanneur».

Antoinette Parée, 78 ans, se souvient d'avoir aperçu «une lueur, une sorte de feu» dans un train qui avançait doucement dans le noir.

Convoi immobilisé et sans conducteur

La compagnie américaine The Montreal Maine & Atlantic, propriétaire du train, a expliqué qu'avant la catastrophe, le convoi de wagons-citernes avait été immobilisé dans le village voisin de Nantes pour effectuer un changement d'équipe.

Pour une raison inconnue, il s'est «mis à avancer, à bouger dans la pente le conduisant jusqu'à Lac-Mégantic», alors que les systèmes de freinage étaient pourtant activés, a dit le porte-parole de la compagnie, Christophe Journet. Par conséquent, «il n'y avait pas de conducteur à l'intérieur» lorsque le train s'est emballé.

Jusqu'à six explosions

L'accident a créé un spectaculaire champignon de feu. Des témoins ont raconté avoir entendu jusqu'à six explosions majeures pendant la nuit.

Le Premier ministre du Canada, Stephen Harper, a interrompu une tournée en Alberta, province à près de 4000 km plus à l'ouest, et était attendu dans la journée à Lac-Mégantic. (afp)

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