Médailles: Le bilan suisse est excellent
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MédaillesLe bilan suisse est excellent

La Suisse a terminé meilleure nation au tableau des médailles des Mondiaux de Val d'Isère.

Un honneur que le pays n'avait plus connu depuis exactement vingt ans et les joutes de Vail en 1989.

Avec deux médailles d'or (Cuche, Janka), trois d'argent (Cuche, Gut 2x) et une de bronze (Janka), les Suisses ont présenté le même bilan qu'à Sestrières en 1997. Mais à l'époque, l'Italie et la Norvège avaient été encore plus prolifiques. A Val d'Isère, en revanche, personne n'a fait mieux. L'Autriche compte autant de titres, mais deux médailles d'argent en moins.

La suprématie helvétique sur les Mondiaux 2009 intervient après des années de vaches maigres. Certes, Are 2007 avait déjà marqué un renouveau (4e nation). Mais avant, Bormio 2005 (aucune médaille) ou St-Moritz 2003 (6e) avaient viré au fiasco national.

Comme dans les 80's

Ce titre de meilleure nation, la Suisse y était habituée dans les années 80. Elle avait dominé quatre éditions de suite: Schladming 82, Bormio 85, Crans-Montana 87 et Vail 89. En Valais, cela avait été plus que de la domination, mais un véritable championnat de Suisse (14 médailles dont 8 en or).

Si Crans-Montana restera inégalé, le quadruplé des 80's demeure envisageable. Avec ses jeunes, avec notamment les 17 ans de Lara Gut et les 22 ans de Carlo Janka, le ski suisse a de quoi voir l'avenir avec sérénité. Une confirmation sera attendue dès l'année prochaine aux JO de Vancouver, puis en 2011 aux Mondiaux de Garmisch.

La Suisse au sommet, c'est l'éternel rival autrichien qui fait grise mine. Depuis Vail en 1999, soit cinq éditions, les Autrichiens avaient toujours bouclé les Mondiaux avec le meilleur bilan. Consolation pour eux, la densité de leur équipe leur permet encore de dominer largement le classement par pays en Coupe du monde.

Swiss-Ski voulait cinq médailles aux Mondiaux de Val d'Isère, la Fédération en a eu six. Une septième serait vraisemblablement tombée si la Coupe des Nations n'avait pas été annulée. Pour le chef de délégation Dierk Beisel, parler d'»euphorie» n'a rien de surfait.

«Je suis fier de nos coureurs», a lâché de son côté Martin Rufener, l'entraîneur des messieurs. «Nos objectifs ont été largement atteints. Bien sûr, certains sont passés à côté de leurs Mondiaux (réd: comme Défago). Mais, parallèlement, d'autres ont pu tenir leur rang (Cuche, Janka). C'est la preuve que nous disposons d'une équipe solide», a estimé le Bernois.

Contentement aussi du côté des dames: «Nous voulions confirmer les bons résultats de la Coupe du monde et nous y sommes parvenus», a commenté Hugues Ansermoz, chef d'une équipe féminine qui restait sur deux zéros pointés à Are en 2007 et Bormio en 2005. «Les deux médailles ont été collectées par la seule Lara Gut. Mais les autres ont aussi montré de bonnes choses, comme Denise Feierabend (réd: 6e du slalom à 19 ans). Hormis la deuxième manche du géant, il y a toujours eu de l'enjeu pour nous.»

Le coach vaudois a toutefois admis l'échec de deux de ses leaders, Fabienne Suter et Dominique Gisin. «Elles sont arrivées à Val d'Isère avec un statut de favorites. Une situation nouvelle pour elle. J'espère qu'elles vont apprendre de cette expérience», a- t-il relevé.

L'essentielle stabilité

Outre le talent des athlètes, c'est du côté de l'encadrement qu'il faut chercher les explications de ce succès. «Depuis plusieurs années, nous disposons des mêmes entraîneurs. Cette stabilité a été essentielle», a rappelé Urs Lehmann, président de Swiss-Ski.

«Après la débâcle de Bormio 2005 (aucune médaille), plusieurs mesures ont été prises au niveau de la relève. Parfois trop. Il a fallu faire des ajustements, par exemple en revenant à un système plus fédéraliste avec trois centres de performance (Brigue, Davos, Engelberg), contre un seul auparavant», a continué le champion du monde de descente à Morioka en 1993.

Les tops:

Didier Cuche. Le Neuchâtelois a comblé une des rares lacunes à son palmarès en remportant à 34 ans sa première médaille d'or. Et avec la manière: super-G d'anthologie qui a laissé tous ses rivaux à une seconde. A quatre centièmes près, Cuche s'offrait même le doublé en descente. Aucune frustration toutefois pour lui: «Avec ces médailles d'or et d'argent, je suis en paix avec moi-même», avait-il déclaré.

Carlo Janka. Le Grison disputait ses premiers Mondiaux. Un manque d'expérience qui a été tout sauf un problème: or en géant et bronze en descente. Ces deux médailles enlevées à 22 ans en augurent beaucoup d'autres. L'imperturbable «Iceman» a le talent et la force mentale pour devenir un des plus grands skieurs suisses de l'histoire.

Lara Gut. On ne compte plus les coups d'éclat de la Tessinoise en Coupe du monde. Tout le monde espérait qu'il en soit de même pour ses premiers Mondiaux. Personne n'a été déçu: deux médailles d'argent. La première au prix d'un véritable rodéo lors du slalom du super-combiné. La deuxième en assumant, du haut de ses 17 ans, son statut de favorite en descente. Avec Lindsey Vonn, Lara Gut est la grande dame de ces Mondiaux.

Denise Feierabend. Aucun podium pour l'Obwaldienne, mais un rendez-vous pris pour les prochains Mondiaux. A 19 ans, la fille d'Engelberg a terminé sixième du slalom, une discipline dans laquelle la Suisse se cherche une leader depuis presque une décennie.

Les flops:

Didier Défago. Débarqué à Val d'Isère auréolé du doublé Wengen-Kitzbühel, le Valaisan semblait mûr pour une première médaille. L'échec a été total. Et très amer pour celui qui était en tête sur les premiers temps intermédiaires de la descente avant de chuter. Ses résultats en super-G (8e) et en géant (20e) ne le consoleront pas.

Silvan Zurbriggen. Alors qu'il a quasiment le globe du super-combiné en poche, le Valaisan se devait de cueillir une médaille dans «sa» discipline. Celle-ci a été manquée pour un centième. Une sacrée désillusion que le coureur de Brigue n'aura pas pu gommer en slalom (éliminé).

Dominique Gisin. A l'instar de Défago, l'Obwaldienne restait sur deux succès en Coupe du monde (Cortina et Altenmarkt). Las, la no 2 dans la hiérarchie de la descente n'est jamais parvenue à apprivoiser la piste de Solaise. Ni lors des entraînements, ni en course (éliminée). Inconsolable, elle a quitté l'aire d'arrivée en larmes.

Fabienne Suter. Si la Schwytzoise n'a rien à envier au talent de Lara Gut, elle n'a pas la «gniak» de la Tessinoise. Son mental semble trop friable, son culot trop limité. Sur le podium cet hiver en super-combiné et en super-G, elle n'aura pas fait mieux que 8e et 11e dans ses deux disciplines fortes.

Nadia Styger et Fränzi Aufdenblatten. Eclipsées par les jeunes en Coupe du monde, la Schwytzoise et la Valaisanne n'ont pas su exploiter leur expérience des grands rendez-vous. Bien au contraire. Aucune des deux n'a pu ne serait-ce que terminer une course.

(ats)

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