Actualisé 14.03.2017 à 19:57

TensionsLe «Blick» ne s'excusera pas auprès de la Turquie

Une page du quotidien alémanique - titrée «Votez non à la dictature d'Edogan» - a suscité la colère du gouvernement turc.

1 / 72
La justice turque a demandé mercredi l'arrestation du journaliste exilé en Allemagne Can Dündar. (5 décembre 2018)

La justice turque a demandé mercredi l'arrestation du journaliste exilé en Allemagne Can Dündar. (5 décembre 2018)

Keystone
Le Parlement turc a adopté une nouvelle loi «antiterroriste» controversée qui reprend plusieurs mesures de l'état d'urgence mis en place après le putsch manqué de juillet 2016 et aboli il y a une semaine. (Mercredi 25 juillet 2018)

Le Parlement turc a adopté une nouvelle loi «antiterroriste» controversée qui reprend plusieurs mesures de l'état d'urgence mis en place après le putsch manqué de juillet 2016 et aboli il y a une semaine. (Mercredi 25 juillet 2018)

AFP
Berlin a demandé des explications à Ankara après la fermeture soudaine d'une école allemande dans la ville turque d'Izmir. (Samedi 30 juin 2018)

Berlin a demandé des explications à Ankara après la fermeture soudaine d'une école allemande dans la ville turque d'Izmir. (Samedi 30 juin 2018)

AFP

Le Blick n'a l'intention ni de réagir à la demande de réparation de la Turquie, ni de s'excuser après sa Une de lundi. Le quotidien alémanique avait appelé, en allemand et en turc, à rejeter le référendum sur le renforcement des pouvoirs du président turc Recep Tayyip Erdogan.

Pour le rédacteur en chef du groupe Blick Christian Dorer, il n'est pas question de donner suite à la demande de réparation formulée par le ministère turc des affaires étrangères. «Evidemment pas, parce que chez nous, au contraire de la Turquie, nous avons la liberté d'expression. Et nous étions très polis dans cette lettre, très factuelle», a-t-il dit mardi au journal de 12:30 sur RTS 1ère.

Recep Tayyip Erdogan a présenté lundi soir la Une du Blick à la télévision turque «En son haber», semblant s'en amuser. Il se réjouit du gros titre du journal, car les journaux suisses apprennent maintenant aussi le turc, a-t-il dit devant la caméra. Le journal appelle à dire «non» à la «dictature» de Recep Tayyip Erdogan. Comme il n'est pas un dictateur, il estime qu'il s'agissait en fait d'un appel à voter «oui» au référendum.

«Content qu'Erdogan lise le Blick»

Le Blick ne s'attendait pas à une telle réaction, a indiqué Christian Dorer. «Nous avons été premièrement très étonnés, nous ne nous attendions pas à ça, mais nous sommes contents que même le président lise le Blick. C'est clair qu'il a des intentions. Il nous a critiqués et il essaie de dire dans son pays que 'tout le monde est contre nous, et maintenant même la Suisse'».

Le ministère turc des affaires étrangères avait vivement réagi à la publication lundi. Dans un communiqué, il engageait le Blick à respecter les règles d'un «journalisme impartial» dans le cadre d'articles sur la Turquie, et attendait «que des mesures soient prises pour réparer les propos irrespectueux à l'égard de notre président».

Jusqu'à mardi soir, aucune plainte n'a été déposée contre le journal, a indiqué Christian Dorer. En revanche, la rédaction a reçu des milliers de réactions. Les Turcs de Suisse ont en général réagi positivement à la démarche du Blick. Mais sur les réseaux sociaux, il y a eu de très nombreux messages haineux, la plupart en langue turque et provenant de Turquie, selon lui. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!