Venezuela – Le bolivar, de billet de banque à jouet pour enfants
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VenezuelaLe bolivar, de billet de banque à jouet pour enfants

Amuser les enfants pour un jeu de cartes: telle est la destinée des vrais billets de bolivar, la monnaie vénézuélienne. Qui perdra, vendredi, six zéros.

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Des enfants jouent à Ajiley, un jeu de cartes répandu au Venezuela, avec de vrais billets, qui ont perdu toute valeur.

Des enfants jouent à Ajiley, un jeu de cartes répandu au Venezuela, avec de vrais billets, qui ont perdu toute valeur.

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Les enfants stockent les billets en monnaie nationale dans une boîte en forme de guitare, avec le drapeau vénézuélien peint dessus.

Les enfants stockent les billets en monnaie nationale dans une boîte en forme de guitare, avec le drapeau vénézuélien peint dessus.

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À gauche, un billet d’un… million de bolivares.

À gauche, un billet d’un… million de bolivares.

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Comme dans un tripot à l’air libre, ils manient des liasses de billets et multiplient les enchères, en jouant aux cartes. Dans le village de Puerto Concha, dans l’ouest du Venezuela, les enfants jouent avec de vrais bolivares, qui ne valent plus rien depuis belle lurette (jeudi matin, pour un franc suisse, on recevait… 4’314’528,80 bolivares).

«Si tu mets cent, tu gagnes cent», lance une fillette en jouant à Ajiley, un jeu de cartes répandu dans le pays sud-américain. À côté d’elle, les billets en monnaie nationale sont stockés dans une boîte en forme de guitare.

Pire crise de l’histoire du Venezuela

En proie à une hyperinflation, le Venezuela opérera, vendredi, une nouvelle réforme monétaire qui supprimera six zéros aux billets de banque. Il en est à sa troisième conversion du bolivar depuis 2008. Le pays, qui traverse la pire crise de son histoire, a vu son produit intérieur brut (PIB) chuter de 80% depuis 2013, notamment en raison de la baisse des cours du pétrole, mais aussi de l’effondrement de la production, à cause d’une mauvaise gestion et de la crise politique.

Le pouvoir a dû accepter une dollarisation de l’économie, et le dollar est désormais utilisé dans 70% des transactions.

Ils préfèrent le peso colombien

À Puerto Concha, un village de pêcheurs, la réforme monétaire semble bien lointaine. Ici, les quelques milliers d’habitants utilisent le peso de Colombie, située à une centaine de kilomètres à vol d’oiseau. «Ici, le bolivar, c’est de l’histoire ancienne. Le nouveau bolivar, je ne le connais pas et je ne veux pas le connaître. Ça sert à quoi?» lance Jonatan Moran, ouvrier de 32 ans.

«Ici, le bolivar, c’est de l’histoire ancienne. Le nouveau bolivar, je ne le connais pas et je ne veux pas le connaître. Ça sert à quoi?»

Jonatan Moran, ouvrier de 32 ans.

Les habitants évoquent des souvenirs et une époque pas si lointaine, juste avant la précédente réforme de 2018, où ils étaient obligés de transporter des seaux de billets pour aller faire leurs courses. Cette dernière conversion en appellera d’autres, prédit l’économiste José Manuel Puente, qui souligne que le Venezuela deviendra, vendredi, le pays sud-américain à avoir ôté le plus de zéros à sa monnaie, quatorze au total.

Des billets brûlés

Du coup, beaucoup d’habitants changent souvent leurs billets verts pour des pesos colombiens, car il est difficile de trouver des petites coupures en dollars, alors que celles du peso sont monnaie courante. On ne se sert du bolivar que pour les paiements par carte, comme dans la boutique de Hugo Fernandes, 24 ans. La dernière fois qu’il a accepté des bolivares en billets, c’était il y a quatre mois, payés par des touristes de passage. «Je les ai gardés en souvenir, parce qu’on n’en avait jamais vu. Et maintenant, ils vont les changer à nouveau», raconte le commerçant, qui préfère largement le peso colombien, «plus stable».

Au détour d’une rue, un tas d’immondices est prêt à être brûlé. Parmi les déchets, des dizaines de billets de 100 bolivares à l’effigie du «Libertador» Simon Bolivar.

(AFP)

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