Actualisé 17.07.2014 à 09:56

Proche orient

Le bombardement de Gaza a repris

Israël a repris mardi après-midi ses attaques sur Gaza après un bref cessez-le-feu, le Hamas ayant rejeté une trêve proposée par l'Egypte. Le conflit a déjà fait près de 200 morts palestiniens et une première victime israélienne.

Six heures après avoir accepté de suspendre à 9h ses attaques, sur l'enclave palestinienne, Israël les a reprises en réponse à des tirs «aveugles» de roquettes, selon l'armée.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que son pays n'avait d'autre choix que «d'étendre et d'intensifier» ses opérations.

Sa déclaration a coïncidé avec l'annonce de la mort d'un premier Israélien, un civil atteint par un tir de roquette alors qu'il était venu distribuer de la nourriture aux soldats postés à Erez entre Israël et Gaza.

L'enclave palestinienne a elle subi une série de bombardements. Selon les services des secours à Gaza, deux personnes ont été mortellement touchées. Deux personnes blessées lors de précédents bombardements ont par ailleurs succombé.

Au total, 194 Gazaouis, dont une grande majorité de civils, ont été tués depuis le début des hostilités le 8 juillet. Un bilan plus lourd que celui du précédent conflit entre Israël et le Hamas en 2012.

Israël prépare l'invasion

Et l'armée israélienne a ostensiblement déployé troupes et chars aux abords de Gaza depuis huit jours, mobilisant 40'000 hommes, en vue d'une éventuelle invasion de l'enclave.

Le ministre de Affaires étrangères Avigdor Lieberman, un faucon, a plaidé mardi pour que «l'opération se termine avec l'armée israélienne contrôlant toute la bande de Gaza».

Le Hamas veut un accord complet

Le Hamas, affirmant avoir eu connaissance du plan égyptien par les médias, a écarté tout cessez-le-feu qui n'inclurait pas un accord global sur la fin du blocus de Gaza en place depuis 2006, l'ouverture du poste-frontière avec l'Egypte et la libération de détenus.

La branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, a revendiqué le tir de roquettes sur Israël. Selon l'armée israélienne, près de 80 de ces engins ont été lancées de l'enclave palestinienne, dont une vers Haïfa, à 160 km au nord du territoire palestinien. Depuis une semaine, ce sont quelque 900 projectiles qui ont été lancés sur Israël.

La diplomatie s'active

Les Occidentaux tentent de trouver un moyen d'enrayer le conflit, sans succès pour le moment. Le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier est en visite en Israël, de même que son homologue italienne Federica Mogherini, dont le pays préside l'UE.

Les Etats-Unis ont pour leur part répété qu'ils étaient disposés à tout faire «pour aider les deux parties à se rassembler».

Très en retrait dans cette crise, le président palestinien Mahmoud Abbas doit lui se rendre ces jours prochains en Egypte puis en Turquie, une alliée du Hamas, pour discuter de la situation.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Israël de «terrorisme d'Etat» et de perpétrer un «massacre» parmi la population civile.

Le conflit menace de s'étendre

Le temps presse. Le conflit menace en effet de s'étendre à la frontière nord de l'Etat hébreu. L'armée de l'air israélienne a frappé mardi trois cibles administratives et militaires dans la partie non occupée du Golan syrien, tuant quatre personnes dont deux femmes, a indiqué une ONG syrienne.

Lundi, deux roquettes tirées depuis la Syrie étaient tombées sur le Golan, région occupée par Israël, sans faire de victimes, selon l'armée.

Crise humanitaire

L'agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a pour sa part dressé un bilan sombre de la situation humanitaire à Gaza, déplorant un niveau de pertes humaines et de destruction «immense».

Selon le Comité international de la Croix-Rouge, «d'ici quelques jours, l'ensemble de la population de la bande risque de se retrouver à court d'eau».

Le ministre palestinien de la Santé Jawad Awad a été forcé dans ce contexte de quitter de la bande de Gaza par des manifestants en colère dénonçant l'inaction du gouvernement d'union auquel il appartient, basé en Cisjordanie occupée par Israël. (afp)

«De grands risques» d'escalade de la violence

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a mis en garde mardi à Vienne contre «de grands risques» d'escalade de la violence en Israël et dans la Bande de Gaza, alors que le Hamas a refusé l'initiative de cessez-le-feu proposée par l'Egypte.

«Il y a de grands risques d'une escalade de la violence», a déclaré le chef de la diplomatie américaine à Vienne lors d'une conférence de presse, ajoutant que les Etats-Unis voulaient donner le temps de fonctionner à l'initiative égyptienne de cessez-le-feu, mais qu'il était prêt à se rendre «demain» au Moyen-Orient si nécessaire.

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