Cadeaux de fin d'année: Le bonheur des Suisses est dans la boîte
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Cadeaux de fin d'annéeLe bonheur des Suisses est dans la boîte

Le bonheur serait-il dans la boîte? Les ventes de fin d'année confirment que les coffrets-cadeaux proposant un choix d'activités séduisent de plus en plus d'Helvètes.

Inspirés par le succès du leader mondial Smartbox, implanté en Suisse depuis 2006, des entrepreneurs se lancent sur le marché.

Mydays, Ohbox, Tripyourlife, ideecadeau.ch: autant de marques qui ont fait le pari de concurrencer, en terres helvétiques, le géant Smart&Co. La société française fondée en 2003 y propose actuellement un assortiment de 19 coffrets thématiques. Chacun contient un chèque offrant plusieurs dizaines de possibilités.

Ces Smartbox, dont le prix oscille entre 65 et 650 francs, sont disponibles dans plus de 300 points de vente en Suisse, ainsi que dans une boutique propre à Lausanne et sur internet. En 2009, l'entreprise a créé une filiale helvétique, qui compte une trentaine de collaborateurs, a précisé à l'ATS le porte-parole Silvio Keller.

La marque est «incontestablement le leader du marché» suisse et compte consolider cette position en étendant sa collection et son réseau de distribution, a souligné M. Keller. Ce dernier n'a pas souhaité communiquer de chiffres au niveau national, se contentant d'indiquer que le groupe Smart&Co avait réalisé des ventes totales de 337 millions d'euros (420 millions de francs) en 2009.

Qualité et originalité

Aussi visible soit-il en Suisse, le géant français n'y détient pas le monopole de l'évasion à la carte. Créée en automne 2010, la société vaudoise Tripyourlife propose elle aussi des activités originales, regroupées autour de cinq thèmes: créativité, aventure, romantique, zen et sport.

Les clients visés par Agnès Grêt, fondatrice et actuellement unique collaboratrice, sont notamment les personnes en quête d'un cadeau «de qualité qui sort de l'ordinaire, mais qui sont confrontées à un choix tellement vaste qu'elles ont besoin d'être guidées». La jeune entrepreneuse propose par exemple de «relooker sa chambre» en compagnie d'un décorateur ou de prendre un cours de crawl filmé.

Alors que l'aventure Tripyourlife n'en est qu'à ses balbutiements, une autre entreprise vaudoise a réussi, en trois ans, à se tailler la place de numéro deux sur le marché suisse: «Oh Company», qui emploie 5 salariés, 2 stagiaires et 2 consultants. Baptisées Ohbox, ses sept boîtes thématiques sont disponibles sur la toile ainsi qu'auprès d'une dizaine de distributeurs, dont Migros en Suisse romande.

Les deux premières années, la société a quadruplé son chiffre d'affaires sur 12 mois, a souligné son directeur général Manuel Donze. Pour 2010 et 2011, la croissance des ventes devrait atteindre respectivement 150% et 100%. Côté résultats, «nous devrions être proches du seuil de rentabilité cette année», contre une perte de quelques milliers de francs en 2009.

Prochain objectif de «Oh Company»: accroître sa présence Outre- Sarine. «Mais le marché y est moins mûr pour ce type de produits», selon M. Donze. L'Allemagne, souvent inspiratrice de tendances en Suisse alémanique, connaît en effet un boom des coffrets-cadeaux moins prononcé que la France, où des dizaines de marques, dont Wonderbox, rivalisent avec Smart&Co.

Maison saturée d'objets

Le succès de Smartbox et ses concurrents s'inscrit dans une tendance plus générale de recours croissant aux chèques-cadeaux. Ces derniers constituaient en 2010 la réponse donnée par la majorité des Helvètes à la question «que comptez-vous offrir pour Noël à votre famille et vos amis?», devant les livres et les cosmétiques, selon une étude du cabinet de conseil Deloitte.

Le coffret-cadeau est «sans risque, car son destinataire choisit lui-même l'activité», a noté le sociologue Franz Schultheis, de l'Université de St-Gall. Mais, contrairement aux bons traditionnels, la personne qui l'offre «donne l'impression de s'être cassé la tête pour sélectionner quelque chose d'original et de personnalisé».

«Actuellement, les maisons sont déjà saturées d'objets donc ces 'box' sont une manière de dématérialiser les cadeaux», a expliqué pour sa part l'anthropologue Dominique Desjeux, de l'Université Paris-Sorbonne. Pourquoi ne pas tout simplement offrir de l'argent à ses proches? «Car le liquide est un tabou, qui contrevient aux règles du don et du contre-don fixées par la plupart des sociétés».

(ats)

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