23.09.2020 à 08:14

sortie cinémaLe succès, ça vous fâche les amis!

Vincent Cassel, Bérénice Bejo, Florence Foresti et François Damiens n’y peuvent rien: «Le bonheur des uns…» s’avère une comédie bancale.

de
Catherine Magnin

Prenez deux couples, Léa (Bérénice Bejo) et Marc (Vincent Cassel) d’une part, Karine (Florence Foresti) et Francis (François Damiens) de l’autre. Amis de longue date, ils croient se connaître sur le bout des doigts. Pourtant, ni Marc ni Karine ni Francis ne se doutaient que Léa était en train d’écrire un livre. Ils tombent encore plus des nues quand le bouquin devient un best-seller. Mais la gloire soudaine de leur amie ne les réjouit finalement qu’à moitié…

Karine se dit – et proclame haut et fort – qu’elle est aussi capable d’écrire un livre. Histoire de prouver que Léa n’est pas si exceptionnelle que ça. Francis, lui, ressort son synthétiseur qui prenait la poussière dans la cave… avant de tenter la sculpture. Karine n’est pas peu fière d’être mariée à un homme créatif, comme elle n’était pas peu fière d’être la meilleure amie de Léa. Mais Léa, elle, a du succès, alors que Karine et Francis ne se sentent, eux, bons à rien.

Valeurs chamboulées

Marc, lui, est tout simplement dépité par cette inversion des valeurs qui ébranle son statut de pilier économique du couple. Petit à petit, les réactions tournent à l’aigre: jalousie, mauvaise foi, prise de bec… La gloire ne laissera personne intact.

Florence Foresti et François Damiens

Florence Foresti et François Damiens

Réalisateur du «Bonheur des uns…», Daniel Cohen trousse une comédie qu’il aurait voulue bien balancée, mais qui s’avère bancale. Il suffit que Léa lise à haute voix un extrait de sa prose pour qu’on cesse de croire une minute à l’hypothèse d’un succès fulgurant. Quant aux personnages, une moitié est portraiturée à la hache. Et ce n’est pas Vincent Cassel, trop sec dans le costume d’un personnage trop carré, ni Florence Foresti, trop… trop, qui sauvent le film. Seule Bérénice Bejo brille dans un rôle pourtant ingrat de fille indécise et transparente… dans le regard d’autrui.

La face invisible

Si le succès de Léa, contrairement à ce que prétendent ses amis, ne la change pas, tout comme il ne change pas Francis, Marc et Karine, eux, changent de regard sur elle, mais aussi sur les autres (oui, Francis en sait, des choses…) et sur eux-mêmes. Trop tard? C’est là, finalement, qu’il faut chercher les subtilités du «Bonheur des uns…», étouffées sous les traits forcés d’une comédie consensuelle.
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Vincent Cassel et Bérénice Bejo

Vincent Cassel et Bérénice Bejo

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