Le boss de l'uni est viré, les étudiants applaudissent
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Le boss de l'uni est viré, les étudiants applaudissent

NEUCHATEL – Le Conseil d'Etat a congédié hier Alfred Strohmeier. Il a dû vider son bureau pour 18 h.

Une rupture du lien de confiance entre le recteur et le Conseil d'Etat. C'est ainsi que Sylvie Perrinjaquet, conseillère d'Etat en charge de l'Education, explique le licenciement d'Alfred Strohmeier. Ce dernier avait refusé de s'entretenir seul avec le Conseil d'Etat pour parler de son opposition au départ pour l'EPFL de l'Institut de microtechnique (IMT) de Neuchâtel et de son refus de créer un Master commun de journalisme avec l'Université de Genève. Conséquence: le recteur a reçu son congé hier au réveil par courrier, a-t-il indiqué dans un communiqué de presse. «Une décision profondément injuste», selon lui. Il se dit également convaincu «d'avoir défendu les intérêts de l'université».

Du côté des étudiants, le licenciement du recteur est accueilli «avec enthousiasme», a précisé hier la Fédération des étudiants neuchâtelois (FEN). Selon la FEN, Alfred Strohmeier «n'a jamais su instaurer le dialogue», a fait preuve plusieurs fois de «son pouvoir despotique» et d'une «politique de l'autruche». «Cela fait déjà un certain temps qu'on est en désaccord avec Alfred Strohmeier», explique Camille Jéquier, du comité de la FEN. La FEN soutient par contre l'attitude de l'ex-recteur vis-à-vis de l'IMT, ne voulant pas «brader l'institut au profit du grand frère vaudois», a-t-elle souligné. Le poste de recteur sera assuré ad interim par le doyen de la Faculté des sciences, Jean-Pierre Derendinger.

Mathieu Signorell

Les recteurs sont-ils devenus jetables?

SUISSE ROMANDE – Les recteurs d’université seraient-ils touchés par le syndrome de l’entraîneur de football: virés au moindre désaccord? Hier, Alfred Strohmeier, recteur de l’Université de Neuchâtel, a payé son opposition avec le Conseil d’Etat. Début novembre, le président de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, Ernst Hafen, a dû jeter l’éponge après avoir voulu réformer l’institution. En juillet dernier, le Conseil d’Etat genevois a accepté la démission du recteur André Hurst suite au scandale des notes de frais, alors que son intégrité n’était pas mise en cause. «La politique universitaire est devenue un sujet extrêmement sensible, explique le porte-parole de l’Université de Genève, Didier Raboud. Cela se traduit par une grosse pression sur les recteurs», conclut-il. (reb)

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