Actualisé 17.01.2018 à 11:01

«No Billag»Le boss de l'USAM aurait la «haine de la SSR»

Hans-Ulrich Bigler s'est engagé corps et âme en faveur de l'initiative. Plus pour des raisons idéologiques qu'économiques, selon des critiques.

de
Pascal Schmuck, Zurich
Hans-Ulrich Bigler, directeur de l'USAM, en compagnie de Jean-Francois Rime (au centre), président de l'USAM et du conseiller national Peter Schilliger (PLR/LU) à droite.

Hans-Ulrich Bigler, directeur de l'USAM, en compagnie de Jean-Francois Rime (au centre), président de l'USAM et du conseiller national Peter Schilliger (PLR/LU) à droite.

Keystone

Hans-Ulrich Bigler est un des plus fervents partisans de l'initiative «No Billag». A tel point que son activisme commence à gêner, même dans les rangs de l'USAM dont il est pourtant le directeur, explique le Tages-Anzeiger dans son édition du 17 janvier 2018.

La dernière attaque en date est venue d'Alois Gmür , qui reproche à la direction de ne viser que le démantèlement ou encore d'ignorer les décisions populaires ainsi que les voix des minorités au sein de l'USAM. Le conseiller national (PDC/SZ) envisage désormais «sérieusement de quitter» l'association patronale, a-t-il déclaré dans une interview à la Luzerner Zeitung.

Des voix critiques... mais discrètes

Il ne serait pas le seul à y réfléchir, a-t-il ajouté, car de nombreux représentants des sections de l'USAM ne partagent pas l'activisme de leur directeur. Parmi les critiques récurrentes figurent celles d'une politique trop tournée vers l'UDC et le PLR.

Hans-Ulrich Bigler est élu au Conseil national sous les couleurs radicales zurichoises. Quant au président, il s'agit du conseiller national Jean-François Rime (UDC/FR).

Les voix critiques se veulent anonymes mais Ludwig Peyer n'a pas peur de s'exprimer. Cet élu PDC et chef de son groupe au Grand conseil lucernois dirige également une PME. A son avis, Hans-Ulrich Bigler s'est engagé en faveur de «No Billag» non pour baisser les taxes mais «par haine idéologique de la SSR». La redevance n'est pas un problème central pour l'USAM et elle ne menace pas la situation économique de la Suisse, explique-t-il.

Des sections divisées

La division au sein de l'organisation patronale se reflète au niveau des sections. Schwyz, Argovie, Fribourg, Jura et Genève ont dit «non» à «No Billag», se positionnant contre l'association faîtière. Dans les Grisons, le «oui» a été prononcé du bout des lèvres tant les divergences sont grandes. Le vote lucernois est attendu dans la semaine et il devrait être tout aussi serré.

Ces oppositions montrent la grogne de membres de partis autres que le PLR et l'UDC. Elles souhaitent également qu'en cas de forte minorité, la direction de l'USAM se retienne de trop s'engager dans une campagne de vote.

Une nouvelle concurrence

Les critiques sont rejetées tant par Hans-Ulrich Bigler que par Jean-François Rime. A leurs yeux, la campagne «No Billag» n'est pas agressive mais factuelle. Et Alois Gmür n'a pas participé à la prise de parole à l'automne. Quant à la surreprésentation du PLR et de l'UDC, les deux hommes rappellent que le PDC dispose dans les instances dirigeantes d'autant de membres que les deux autres partis.

Alois Gmür veut attendre le résultat des urnes le 4 mars. Il déposera une demande de renouvellement de la direction au plus tôt lors de la prochaine assemblée. Le conseiller national schwytzois pourrait également se poser en rival de Jean-François Rime à la présidence au printemps. Une candidature saluée par l'élu fribourgeois. «Il doit le faire. La concurrence fait vivre.»

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