25.07.2020 à 07:18

Jura

Le bostryche menace les forêts et les pâturages boisés

L’absence récurrente de précipitations conjuguée au printemps chaud et sec a encore accentué la pullulation des scolytes qui déciment les résineux.

Le canton du Jura et les bûcherons ne cachent plus leur inquiétude face à la propagation de cet insecte ravageur qui en deux semaines peut faire périr les épicéas.

Après avoir été éprouvées par la sécheresse, les forêts jurassiennes de résineux sont désormais victimes des bostryches. Autorités, exploitants des forêts et milieux scientifiques ne cachent plus leur inquiétude face à la pullulation de cet insecte ravageur.

Les populations de bostryches aussi appelés scolytes sont en pleine expansion. L’absence récurrente de précipitations conjuguée au printemps chaud et sec de cette année a encore favorisé la pullulation de cet insecte qui décime les résineux.

Au début du mois de juin, le canton du Jura lançait un cri d’alarme: il estime qu’il faut s’attendre à voir disparaître assez rapidement des forêts entières de résineux comme des plantations d’épicéas en plaine ou sur des versants chauds et secs. L’impact paysager sera indéniable.

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Un bostryche sous une écorce d'arbre.

Un bostryche sous une écorce d'arbre.

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Une écorce d'épicea où l'on voit les galeries effectuées par le bostryche.

Une écorce d'épicea où l'on voit les galeries effectuées par le bostryche.

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON
Les forêts jurassiennes de résineux sont désormais victimes des bostryches.

Les forêts jurassiennes de résineux sont désormais victimes des bostryches.

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

Protéger les pâturages boisés

En matière de volume de bois infesté, cette année 2020 risque de dépasser le record de 2003 lorsque les attaques de bostryches consécutives à Lothar et à la canicule de l’été avaient nécessité l’exploitation forcée de près de 50’000 m3 de bois.

«La situation est assez tendue en Suisse romande, particulièrement dans le nord de la Suisse», a relevé Valentin Queloz, chef du groupe Protection de la forêt suisse à l’Institut fédéral de recherche (wsl). «Ces dernières années, l’on a vu des augmentations du nombre d’épicéas touchés», a-t-il expliqué à Keystone-ATS.

Un arbre peut dépérir dans les deux à trois semaines après que les scolytes ont commencé à se développer sous l’écorce. Pour ce scientifique, cette situation critique s’explique à la fois par les changements climatiques et par la plantation d’épicéas à grande échelle en plaine par le passé.

Face à cette situation, les autorités jurassiennes estiment que la lutte doit au minimum se poursuivre dans les forêts considérées comme prioritaires pour la protection contre les dangers naturels et dans la mesure du possible dans les pâturages boisés, emblème identitaire du canton du Jura.

(ATS/NXP)

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