Actualisé 10.03.2019 à 22:03

Gilets jaunesLe boxeur de CRS avait-il des gants en plomb?

L'ex-boxeur soupçonné d'avoir agressé deux gendarmes samedi à Paris lors de «l'acte VIII» des «gilets jaunes», s'est présenté à la police lundi matin.

«L'individu qui a violemment attaqué samedi des gendarmes mobiles sur la passerelle Senghor s'est présenté aux enquêteurs de la sûreté territoriale de Paris. Il a été immédiatement placé en garde à vue et devra répondre de ses actes devant la justice», a déclaré le ministre de l'Intérieur dans un tweet, une information également confirmée par le parquet de Paris.

Originaire de l'Essonne, cet homme était activement recherché par la police depuis les faits. Une perquisition avait visé son domicile à proximité de Massy, dimanche matin, selon une source policière. Absent lors de l'arrivée des fonctionnaires, un membre de sa famille avait indiqué qu'il se rendrait à la police lundi, a précisé une source proche du dossier.

Avant de se présenter à la police, le boxeur a tenu à expliquer ses faits et gestes dans une vidéo, qui a ensuite été partagée sur les réseaux sociaux. Il admet avoir «mal réagi», tout en affirmant s'être «défendu» face aux violences policières. Se présentant comme un «citoyen lambda», il raconte avoir participé à toutes les manifestations parisiennes des «gilets jaunes».

«J'ai vu la répression, j'ai vu la police nous gazer, j'ai vu la police faire mal à des gens (...) A force de se faire taper, de se faire taper, de se faire taper... Je me suis fait gazer le dernier jour (samedi), j'ai voulu avancer sur les CRS, je me suis fait gazer avec mon amie, ma femme. La colère est montée en moi et oui, j'ai mal réagi. Mais je me suis défendu», déclare-t-il.

Buzz sur les réseaux

Sur des images largement diffusées sur les réseaux sociaux et sur les télévisions, on voit un gendarme à terre, entouré de manifestants. Le policier est frappé par l'un d'eux portant un manteau et un bonnet noir.

Ce gendarme s'est vu prescrire 15 jours d'incapacité totale de travail (ITT) et a porté plainte dimanche, a-t-on appris auprès de la gendarmerie. Selon une source policière citée par France 2, ses gants étaient «coqués», c'est-à-dire renforcés avec du plomb. Cette information n'a jamais été confirmée, au contraire: «Les gants ont été saisis et placés sous scellés: ils n'étaient ni coqués, ni plombés, ni renforcés», a expliqué fin février un des avocats du boxeur, Maître Vigier à Libération.

Sur une autre vidéo, on voit un homme portant également un manteau et un bonnet noir, attaquer tel un boxeur professionnel un gendarme derrière son bouclier. Ce dernier a eu 2 jours d'ITT et a également porté plainte.

Samedi, le syndicat des commissaires de police nationale (SCPN) avait indiqué avoir «identifié» l'homme et qu'il s'agissait d'un ancien boxeur, ce qu'a confirmé une source proche du dossier.

La Fédération française de boxe a également condamné dimanche dans un communiqué les agissements d'un «ancien boxeur professionnel» auteur de violences à l'égard des forces de l'ordre, lors de la manifestation des «gilets jaunes».

(20 minutes/afp)

Commissaire cogneur: la police des polices enquête

Le préfet du Var a saisi l'IGPN (inspection générale de la police nationale) après la diffusion d'une vidéo montrant un officier de police frappant plusieurs personnes lors d'une manifestation de «gilets jaunes» samedi à Toulon, a-t-il annoncé dans un tweet.

Violences policières à Toulon: la police des polices a été saisie pic.twitter.com/dAbuAkoczt— BFMTV (@BFMTV) 7 janvier 2019

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