11.09.2020 à 13:19

FootballLe Brésil a mal à son business de joueurs

Le Brésil est le pays qui vend le plus de joueurs de football à l’étranger, mais les transferts internationaux ont été fortement touchés par la pandémie de coronavirus.

Image d’illustration. 

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KEYSTONE

Les transferts de footballeurs brésiliens vers des clubs étrangers lors du dernier mercato ont été réduits de 61,8% par rapport à 2019, selon un décompte de l’AFP à partir de données du site spécialisé Transfermarkt.

Du 1er juin au 8 septembre, 74 joueurs ont quitté des clubs brésiliens pour l’étranger, sous forme de prêt ou de transfert définitif, 56 d’entre eux signant pour des clubs européens.

Sur la même période de 2019, ils étaient 194 à avoir quitté le pays.

«Les Européens sont de plus en plus réticents à casser leur tirelire. Avant, ils n’hésitaient pas à acheter des joueurs même en sachant qu’ils seraient remplaçants chez eux»

Edgardo Aguilar, agent de joueurs

«Le marché des transferts est au ralenti, les clubs essaient de ne pas trop dépenser parce que la situation financière est très compliquée dans le monde entier» à cause de la pandémie, explique Gustavo Hofman, commentateur de la chaîne de télévision ESPN.

Au pays de Pelé et Neymar, les transferts de joueurs vers l’étranger représentent environ un quart des recettes des clubs et sont leur deuxième source de revenus, après les droits TV.

Les incertitudes économiques liées au coronavirus ont non seulement réduit le nombre des ventes de joueurs, mais aussi les sommes engagées.

L’an dernier, les trois principaux transferts internationaux ont rapporté 77 millions d’euros aux clubs brésiliens, le Real Madrid déboursant 45 millions pour acheter le virevoltant ailier Rodrygo, formé au Santos.

Fragilité financière

Mais cette année, le montant total payé pour les trois joueurs les plus chers vendus par des clubs brésiliens s’est élevé à seulement 61,75 millions d’euros, avec notamment Benfica déboursant 28 millions d’euros pour Everton, joueur de Gremio et sensation de la dernière Copa América avec la Seleçao.

Le club lisboète a également misé 18 millions d’euros sur Pedrinho, des Corinthians.

«À une autre époque, Everton aurait certainement pu être vendu plus cher au Benfica», estime Gustavo Hofman.

Avec 2.742 joueurs évoluant à l’étranger, le Brésil est le premier «exportateur» mondial de footballeurs, devant l’Argentine (2.330) et la France (1.740), d’après un rapport publié en mai par l’Observatoire du football du Centre international d’étude du sport (CIES) de Neuchâtel.

La plupart des clubs brésiliens sont surendettés, et «leur fragilité financière a augmenté à cause de la pandémie», souligne Rodrigo Capelo, journaliste spécialisé dans l’économie du sport du site Globoesporte.com.

La suspension des compétitions pendant près de quatre mois à cause du coronavirus, qui a fait plus de 128.000 morts au Brésil, a privé les clubs de revenus de sponsoring, droit télé et de billeterie.

Mais la forte dépréciation du réal brésilien face au dollar a permis de limiter un peu les pertes en ce qui concerne les transferts.

«Quand ils vendent leurs joueurs à l’étranger, les clubs sont payés en dollars ou en euros», précise Rodrigo Capelo.

Les pays voisins affectés

Mais pour l’agent de joueurs Edgardo Aguilar, les transferts internationaux sont de plus en plus difficiles à concrétiser.

«Les Européens sont de plus en plus réticents à casser leur tirelire. Avant, ils n’hésitaient pas à acheter des joueurs même en sachant qu’ils seraient remplaçants chez eux», dit-il.

Sa société, Soccer Stars Group, qui existe depuis une vingtaine d’années, a vu le montant des transferts dont elle est l’intermédiaire baisser de 70% cette année.

Ce ralentissement des ventes du championnat brésilien affecte tout le continent. Par ricochet, les clubs brésiliens ont en effet réduit leurs achats de joueurs venant de pays sud-américains, comme l’Uruguay, le Pérou ou la Colombie.

«Ils ont essentiellement comblé les lacunes dans leurs effectifs avec des joueurs évoluant au Brésil», a constaté Carlos Calero, agent colombien de World Sports Management.

Habituellement, il joue les intermédiaires pour le transfert de trois joueurs sud-américains vers des clubs brésiliens par saison. Mais cette année, il n’a conclu aucune affaire de ce type.

(AFP)

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4 commentaires
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Argentine c est pareil

11.09.2020 à 17:02

Tous les clubs du Brasil ont du retards sur les salaires des joueurs , entre 2 à 6 salaires et ça pandémie ou pas , ils veulent tous partir à l' étranger , je les comprends , les joueurs font tout pour se faire connaître au Brasil , payé ou pas. Hélas , pour les autres , ils attendent sur leurs salaires.

Daniel

11.09.2020 à 16:18

Et pourquoi ne pas attendre la fermeture du marché des transferts avant de faire ce genre de conclusions ! Cette année le marché fermé le 5 octobre contre le 31 août les autres années!

La bonne grosse enfilade prend fin

11.09.2020 à 15:17

C’est surtout la fin de cette blague financière sans nom. Quand le pequin moyen supporter buveur de biere commence a vraiment se serrer la ceinture car il perd son fric, son job et jusqu’a sa biere bah il va commencer a cogiter si ca vaut encore le coup de payer son abo annuel en gradin ou meme son abo TV pour voir 22 « sportifs » courir derriere la baballe a coup de millions fait sur son dos.