29.07.2020 à 23:08

Coronavirus

Caps macabres franchis aux Etats-Unis et au Brésil

Les USA dénombrent désormais plus de 150’000 morts liées au Covid, tandis qu’au Brésil, le bilan s’accélère avec 90’000 décès.

Les données officielles sous-évaluent largement l’ampleur de la pandémie au Brésil, qui pratique très peu de tests (archives).

Les données officielles sous-évaluent largement l’ampleur de la pandémie au Brésil, qui pratique très peu de tests (archives).

KEYSTONE/AP/Andre Penner

Les Etats-Unis, le pays le plus endeuillé au monde par la pandémie de coronavirus, ont franchi mercredi le cap des 150'000 morts. Au Brésil, le bilan s'est accéléré avec 90'000 décès, tandis que la récession économique s'installe dans plusieurs pays du monde.

La première puissance mondiale, qui avait annoncé fin février son premier décès lié au nouveau coronavirus, déplore le chiffre macabre de 150'000 morts cinq mois plus tard. La crise sanitaire a poussé des millions de gens au chômage. Le pays a enregistré mercredi près de 1270 morts supplémentaires en une journée, et plus de 68'000 nouveaux cas.

Plusieurs Etats comme la Californie, le Texas et surtout la Floride, qui a atteint un nouveau record de décès mercredi (216), ont dû faire marche arrière sur la réouverture de leur activité. A Washington, un élu républicain réticent à porter un masque au Congrès américain a été testé positif au Covid-19 mercredi.

En dessous de la réalité

Au Brésil, deuxième pays où le Covid-19 tue le plus au monde après les Etats-Unis, le bilan a grimpé mercredi à 90'134 morts et un nombre très élevé de nouvelles contaminations en une journée a été enregistré, à 69'074, selon le ministère de la Santé. Des données d'autant plus inquiétantes qu'elles paraissent sous-évaluées.

Au Paraguay, le gouvernement a rétabli une quarantaine presque totale à Ciudad del Este, la deuxième plus grande ville du pays, à la triple frontière avec le Brésil et l'Argentine, en raison de la propagation des infections à coronavirus. En Bolivie, un huitième ministre a été testé positif au coronavirus mercredi.

Le Pérou a franchi de son côté mercredi la barre des 400'000 cas de contamination au nouveau coronavirus, a annoncé le ministère péruvien de la santé. Il a également recensé 204 morts supplémentaires en 24 heures. Le nombre de cas de Covid-19 dans le pays s'élève désormais à 400'683 après les 5678 nouvelles infections recensées en un jour, précise le ministère. Il s'agit de la plus forte augmentation quotidienne depuis le 12 juin dernier.

Chiffres inquiétants en Chine

Dans la ville sainte musulmane de La Mecque, en Arabie saoudite, de 1000 (selon Ryad) à 10'000 (selon les médias locaux) fidèles seulement ont été autorisés à prendre part au grand pèlerinage annuel, contre 2,5 millions l'année dernière. Jeudi, le pèlerinage doit connaître son moment fort avec une journée de prière et d'invocations sur le mont Arafat.

En Chine, d'où est partie la pandémie fin 2019, les autorités ont annoncé mercredi 101 nouveaux cas de contamination, le plus lourd bilan en trois mois, alors que salles de sport, bars et musées étaient fermés dans les zones les plus touchées. Hong Kong est pour sa part sur le point de connaître une épidémie de «grande ampleur», a averti la cheffe de l'exécutif Carrie Lam.

L'Australie a de son côté fait état jeudi de 723 nouveaux cas de coronavirus recensés en 24 heures dans le seul Etat du Victoria. Il s'agit d'un nouveau record de contaminations.

Choc économique

L'impact économique de la pandémie est dévastateur dans plusieurs régions du monde. «Cette pandémie est le plus grand choc pour l'économie américaine de mémoire humaine», a souligné mercredi le président de la Banque centrale américaine (Fed) Jerome Powell.

«Du plus bas niveau de chômage en 50 ans au plus haut niveau depuis 90 ans, et cela en deux mois», a-t-il encore relevé, exhortant les politiques à soutenir encore davantage les ménages et les entreprises. Les analystes s'attendent à l'annonce jeudi d'une chute inédite du PIB américain au 2e trimestre: au moins -35%.

Du jamais vu non plus pour l'Allemagne, qui devrait dévoiler jeudi un recul de son PIB de près de 10%. L'économie hongkongaise s'est aussi enfoncée dans la récession au deuxième trimestre, avec une contraction de son PIB estimée à 9% sur un an. En Russie, le président Vladimir Poutine a jugé que la situation restait «difficile» et pouvait «basculer d'un côté comme de l'autre».

Flux de migrants

Sur les côtes européennes, la crise sanitaire et économique liée au Covid-19 «engendre un flux exceptionnel de migrants économiques», a averti mercredi le ministère italien de l'Intérieur. Il a appelé l'Union européenne à se saisir de la question «immédiatement». Plus de 11'000 migrants ont débarqué en Italie la semaine dernière.

En France, les finances des collectivités locales vont subir un impact négatif d'environ 7,3 milliards d'euros cette année en raison des pertes de recettes fiscales et des surcoûts entraînés par la crise sanitaire. Le ministre de la Santé Olivier Véran a appelé les Français «ne pas lâcher» les efforts pour éviter la «deuxième vague».

L’arrivée d’étrangers par avion à nouveau autorisée

Le Brésil a rouvert mercredi ses frontières aux étrangers arrivant par voie aérienne, selon un décret publié au Journal officiel, une mesure qui vise à relancer l’industrie touristique brésilienne dévastée par la pandémie de coronavirus. Le décret proroge de 30 jours l’interdiction d’entrée concernant les étrangers arrivant par voie terrestre ou maritime, mais indique que «l’arrivée d’étrangers par voie aérienne ne sera plus interdite». Les visiteurs étrangers qui séjourneront 90 jours ou moins dans le pays devront toutefois prouver qu’ils sont couverts par une assurance maladie le temps de leur séjour sur place.

(ATS/NXP)

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